Jacqueline a vingt ans. Le guitariste vagabond qu'elle avait suivi durant deux années la laisse en rade dans un train. Elle rejoint alors le domicile de sa mère, à Palavas-les-Flots, qu'elle avait quitté deux ans auparavant, et où habitent également sa soeur (avec mari et enfants). Elle renoue avec Jean, pêcheur modeste et ancien ami, tente de subvenir elle-même à ses besoins en travaillant (bien que non diplômée), mais suit bientôt un jeune homme aisé dans sa belle voiture...
Pour son premier long métrage, Paula Delsol cumule notamment réalisation, scénario et production (elle fonde pour ce faire les Productions cinématographiques du Languedoc).
Comme le titre l'indique, le scénario accompagne la "dérive" du personnage principal (dûment critiquée par les autres), plutôt qu'une trajectoire linéaire et consciente, qui irait d'un point A à un point B. Les dialogues sont souvent cruels et parfois crus, ce qui a abouti à l'interdiction du film aux moins de 18 ans lors de sa sortie.
Le film est relativement sec (1h23), dans un écrin noir et blanc dû à Jean Malige, qui magnifie personnages et paysages, dans des scènes tournées essentiellement en extérieurs à Palavas-les-Flots et dans les plaines camarguaises.
De tous les plans, Jacqueline Vandal impressionne. Le reste du casting semble composé principalement d'acteurs locaux. Mais on notera la présence, dans les premières scènes du film, de Pierre Barouh, en guitariste sans attaches, et la savoureuse chanson, écrite, composée et interprétée par Barouh lui-même.