L'histoire de deux jeunes femmes, l'une française, l'autre polonaise, qui n'ont rien en commun et qui sont pourtant identiques : elles sont toutes deux gauchères, aiment marcher les pieds nus, ont une voix magnifique et la même malformation cardiaque.
Elles profitent des expériences et de la sagesse l'une de l'autre sans le savoir. Si l'une se brûle, l'autre apprend aussitôt à craindre le feu.
C'est une histoire d'amour, simple et émouvante. L'histoire d'une vie qui continue, quittant un être pour se perpétuer dans le corps et l'âme d'un autre être.
Tout y est d'une beauté prodigieuse.
Chaque plan,
chaque son,
chaque note,
chaque regard,
chaque silence,
chaque geste,
chaque rayon lumineux semble tenir du miracle.
Le film est mis en scène avec une sensibilité et d'une tendresse infinie, et l'émotion est partout.
À un moment il y a un gros plan sur un sachet de thé dans un verre d'eau chaude, qui se dissout lentement en colorant l'eau, et dans l'émotion de l'ensemble j'ai trouvé ça sublime. Combien de films peuvent parvenir à ça ?
Que dire alors de la beauté du visage d'Irène Jacob, prêtant son visage aux deux femmes, et qu'on ne quitte quasiment jamais des yeux, magnifiée par une lumière hors du commun.
Sa puissance d'évocation touche au sublime.
Une poésie de tous les instants inonde le film, nous faisant ressentir la fragilité et la beauté simple et profonde, lumineuse et tragique, de ce que c'est d'être vivant et d'exister au monde.