La Paravision n'est pas un nouveau procédé cinématographique mais un monde parallèle dont Guy Brunet, créateur infatigable et omnipotent, est le créateur. C'est cet univers en dehors du temps, celui d'un artiste authentique [le mot prenant ici son véritable sens], que les réalisateurs Renée Garaud et Lilian Bathelot nous dévoilent dans La fabuleuse histoire de la Paravision.
Autodidacte obsessionnel, Guy Brunet a travaillé pendant des années sous le regard de personne. Inventant dès son plus jeune âge des films impossibles avec les stars hollywoodiennes, leur écrivant des scénarios épiques, dessinant affiches, décors, puis réalisant des figurines en cartons à leur effigie afin de les filmer, il a tenu tous les rôles, imaginé toutes les histoires, réinventé le cinéma.
La fabuleuse histoire de la Paravision raconte donc cette histoire incroyable. De l'adolescent amoureux des sunlights à l'artiste désormais reconnu dont l'œuvre est exposée, et considérée comme unique, les réalisateurs dressent le portrait bienveillant et affectueux de cet éternel jeune homme qui ne vécut et ne vit encore que pour sa passion.
On évoque alors les méthodes de travail, les matériaux employés, les secrets de fabrications parcimonieusement révélés, le film peignant le portrait d'un homme moins naïf qu'on voudrait le croire, drôle et chaleureux. C'est un véritable artiste ayant construit son œuvre sans contrainte ni volonté mercantile, juste parce qu'il le fallait.
La fabuleuse histoire de la Paravision
On s'attarde longuement sur le cœur de sa production, ces centaines de figurines peintes, découpées dans du carton, rangées dans le petit logement. Certaines ressemblances sont frappantes, Robert Mitchum, Jean Gabin, Liz Taylor... Alignées ainsi, elles semblent nous regarder, les acteurs devant spectateurs d'un cinéma qui les observe. Lorsqu'on les découvre exposées, lorsque Guy Brunet voit ses décors de loin, lui qui travaille sans recul, l'émotion est communicative.
C'est un film qui fait du bien, un film qui rend heureux. On croit d'abord suivre le parcours d'un sympathique illuminé avant de découvrir la vie d'un homme ne faisant qu'un avec l'artiste. Happé par la beauté singulière de cet art naïf et enthousiaste, on n'a plus qu'un seul désir, le faire connaître.
La fabuleuse histoire de la Paravision a obtenu le Prix Spécial Grollywood au Fifigrot 2013, Festival du Film Grolandais "en raison de sa qualité, mais aussi pour récompenser l'œuvre de Guy Brunet".