L'émérite Mike Öpuvty m'avait une fois décrit Silver Linings Playbook comme étant un film ou quelque chose de tout à faire ordinaire arrivait à des gens extraordinaires.
Il en va de même avec "La femme de mon frère".
Le nœud dramatique n'a strictement rien de surprenant : une femme à la trentaine, Sophia dont le monde s'effondre quand son frère, Karim, avec qui elle entretient une relation fusionnelle, finit par trouver l'amour en la présence d'Eloïse.
Rien de nouveau sous le soleil quand on lit ce pitch sur le papier.
Mais la mayonnaise commence à prendre quand on intègre que Sophia est une doctorante, ennuyée de son sujet d'études, qui chôme en étant installée chez son frère, ce dernier étant un psychologue grand donneur de leçons, mais qui n'hésite pas à contredire ses principes quand ca l'arrange.
Les deux ayant pour parents un père passionné de communisme et une mère débridée sur les questions du sexe; un couple qui n'a jamais été aussi amoureux l'un de l'autre que depuis leur divorce.
Les rapports relationnels paraissent aussi proches dans leur écriture, qu'ils peuvent paraitre lointains, tant ils sont habilement joués pour soutenir la fibre comique absurde du film.
Monia Chokri y met beaucoup de sincérité, tout en faisant une machine de guerre de comédie ou aucun gag ne se sent forcé.
Le rire nait naturellement des interactions de chacun, ou du montage un peu sec quoique habile.
Enfin il y'a un vrai travail visuel qu'on retrouve malheureusement trop peu en France.
Chokri tout en faisant une comédie, n'en a pas moins oublié de faire une vraie direction artistique et un travail sur la photo redoutable.
On peut juste regretter que la fin ré-empile sur du gag la ou il aurait peut-être fallu rester sobre, mais ce n'est qu'un menu défaut au sein d'un premier film qui n'a pas à rougir de ses pairs comiques.