Reconstitué à partir de différents fragments, le film n'est malheureusement pas complet. Mais les quelques extraits manquants ne gênent absolument pas la compréhension.
Ce péplum se démarque par la beauté et le gigantisme des décors. La reconstitution des bâtiments égyptiens en studio est proprement ahurissante et vaut à elle seule le fait de passer une heure et demi devant l'écran. Des pyramides au palais, en passant par les différentes artères de la ville, c'est insensé.
Et dans son obsession titanesque, Lubitsch ne se contente pas des seuls décors. Il signe parallèlement plusieurs scènes de foules aussi impressionnantes par le nombre colossal de figurants qui les compose que par leurs franches réussites. Cette superproduction est simplement démesurée, folle, incroyable.
Pour ce qui est de l'histoire, on est dans des schémas plus habituels mais agréables. Le film est proche d'une tragédie racinienne. Découpé en six actes, il narre un triangle amoureux entre une esclave, un homme du peuple et le pharaon. Le tout s'emmêle dans des arrangements politiques et offre par là-même une légère satire du pouvoir. Un drame amoureux classique mais néanmoins touchant.
La femme du pharaon est un excellent muet à ne surtout pas éviter.
*Vu dans sa version restaurée*