Fidèle au style chabrolien, La Femme infidèle ne manquera pas de décevoir ceux qui y recherchent les attraits habituels des films à suspense. Ici, les scènes sont d'une lenteur affreuse, l'intrigue est exempte du moindre rebondissement et les évènements qui y sont relatés relèvent pour l'essentiel de la triste banalité d'une petite bourgeoisie de banlieue dont le quotidien s'enlise dans un ennui mortel. Et c'est bien là le génie du cinéaste : savoir faire surgir cette angoisse étrange de la violence sourde qui sous-tend son récit de bout en bout, de la manière dont la vie intime de ce couple se retrouve inextricablement liée à ce crime odieux, de l'aisance avec laquelle ce gentil père de famille arrive à concilier sa culpabilité de meurtrier avec la nécessité de conserver les apparences que son statut impose ; bref, de la manière par laquelle son regard froid d'entomologiste nous fait comprendre que le mal est une chose ordinaire, voire presque familière.