3
6901 critiques
Une épreuve
"Les bons sentiments et les justes causes ne font pas forcément les bons films. Développez et illustrez cette phrase du grand critique aujourd'hui sénile Pokespagne. Vous avez 2 heures et 8...
le 17 déc. 2018
Rares sont les films dont on sait aussi rapidement qu'il n'y aura pas grand chose à sauver.
La Fille de Brest met en avant une star, la puissante Sidse Babett Knudsen, un procès médiatique et un scandale d'état, une affaire contemporaine qui aurait tout pour intéresser, et pourrait même, avec un peu d'espoir, égaler les américains qui raffolent de ce sous-genre de films de procès (et souvent excellent, d'Erin Brockovich à Révélations, en passant par le récent Dark Waters). Un programme alléchant.
Et pourtant, le style qui rappelle celui d'un téléfilm aseptisé destiné à une diffusion un mardi soir sur France 2, les grosseurs d'un scénario toujours pollué par des symboles lourdingues, des dialogues mal écrits qui tombent toujours à plat, un rythme chaotique (2h08 tout de même), des tentatives d'humour qui tournent au ridicule, une musique électronique criarde et jamais à sa place (de la cornemuse ? vraiment ?), et surtout, des interprétations globalement toutes ratées, tout ça (et ça fait beaucoup), font de La Fille de Brest un raté total difficilement soutenable, qui prouve malheureusement qu'Emmanuelle Bercot, toute bonne actrice qu'elle est, est encore loin d'être une bonne réalisatrice.
Même Knudsen, dont j'étais littéralement tombé sous le charme dans le sublime et délicat L'Hermine et que j'espérais voir forte et puissante dans ce film, y est incroyablement mauvaise, tombant dans un surjeu guignolesque, des crises de bouffonneries véritablement hilarantes (le film m'aura au moins procuré un fou rire, involontaire certes) et tentant vainement d'apporter une touche de franchouillardise à sa Irène Franchon. Pas la peine d'évoquer Magimel, fatigué, et jamais convaincu par ce qu'il fait, qui semble sans cesse se demander la raison de sa participation.
Si les intentions sont là, la tentative de film à procès à l'américaine, la dénonciation d'un pouvoir pollué par les lobbyistes, le récit d'un combat pour faire éclater la vérité et sauver l'honneur des centaines de victimes, le résultat n'est pas là.
La simple bonne volonté, la noble intention, la prise de parti pour les bons face aux (très très) vilains n'ont jamais fait un bon film, et celui-ci en est la plus éclatante démonstration.
Soupe aux clichés, maladresse d'une mise en scène aussi invisible que flagrante d'ineptie, La Fille de Brest est un cirque pénible à voir, un film qui crie l'absence de talent et tente sans cesse de devenir ce qu'il n'est pas.
Et finalement un catastrophique traitement d'un scandale qui tenait en son sein un potentiel énorme, et qui méritait bien meilleur traitement.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleurs films avec Benoît Magimel, Les meilleurs films français de 2016, Journal Cinéphile de 2020 et Les meilleurs films avec Sidse Babett Knudsen
Créée
le 27 nov. 2020
Critique lue 140 fois
3
6901 critiques
"Les bons sentiments et les justes causes ne font pas forcément les bons films. Développez et illustrez cette phrase du grand critique aujourd'hui sénile Pokespagne. Vous avez 2 heures et 8...
le 17 déc. 2018
7
417 critiques
Alors que les frères Dardenne viennent de suivre la quête obsessionnelle d’un médecin (Adèle Haenel) dans La Fille inconnue, Emmanuelle Bercot nous livre à son tour un combat de femme-médecin à...
le 29 oct. 2016
4
97 critiques
C'est dommage, on a typiquement affaire à ce genre de film qui est, si c'est possible d'établir une telle comparaison, plus intéressant dans son propos, par son sujet que par sa réalisation, son...
le 29 nov. 2016
7
1048 critiques
Il y a au départ la petite histoire qui donne son origine cocasse au film : la rencontre, tumultueuse pour le moins, de François Ruffin avec Sarah Saldmann, chroniqueuse sans grande finesse du...
le 2 oct. 2024
3
1048 critiques
Oreilles pudiques s'abstenir. Ici on est dans du réalisme madame. Du vrai. "La Tête Haute" est typiquement le cinéma que je vomis. Celui qui se dit "social" et qui de ce postulat décide de se...
le 13 mai 2015
8
1048 critiques
La Nuit où Laurier Gaudreault s'est réveillé est probablement l'œuvre la plus dure et la plus mure de Xavier Dolan, construite comme une compilation presque étouffante de tous ses thèmes, de toutes...
le 21 févr. 2023
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème