Madame Bovary, western irlandais et espèce humaine

Il y a tant à dire de La Fille de Ryan, tellement de choses, de plans, d'idées, de dialogues, de silence, etc... Ce film est vraiment une oeuvre complète, riche et somptueuse.

Madame Bovary

A la base, David Lean voulait adapter le livre de Flaubert et opta finalement pour en tirer une interprétation personnelle et la balancer en l'Irlande durant la Première Guerre Mondiale, prête à entamer un long processus de guerre contre les rosbifs. Ici, Rose est amoureuse de son ancien instituteur qu'elle épouse avant de rapidement se lasser. Du coup, il y a un bel officier anglais qui débarque et bim. Mais en évitant de vous spoiler le film, à l'instar de Roméo & Juliette de Shakespeare, l'histoire d'amour se trouve dans un contexte historique fort et David Lean décrit au passage l'espèce humaine. C'est à la fois un tableau optimiste et pessimiste qu'il nous offre puisque l'on se met à haïr les villageois au fur et à mesure que l'on aime Rose et son taciturne amant.

Mi-Western, mi-film historique

David Lean n'est pas un frimeur de premier ordre dans sa réalisation et il prend le contre-pied d'Hollywood en montrant un 1916 de manière sobre, implicite et fin. Nom de nom que c'est grandiose ces décors ! La première partie du film est vraiment un western par ses codes: ces immenses étendues qui détruisent les pauvres aspirations humaines, cette tension, ces silences qui en disent long, ces "tronches" qui ne dépareillent pas dans un Leone. Les scènes assez emblématiques que l'on nous ressasse sont celles de la tempête et du rendez-vous nocturne, mais sans déconner, chaque scène est forte, aucune séquence est en trop. Sérieusement, je me retrouve sans aucun défaut à creuser et dieu sait si je suis chiant ni technique et détails. Nan mais là, la forme est en harmonie totale avec le propos, l'image remastérisée est remarquable, la caméra souple et précise, les travellings délicieux et la mise en scène impeccable.

Franchement, je pourrais parler des heures de ce film, évoquer avec vous les rouages et la structure narrative mais j'entrerais rapidement dans du spoil de catégorie 3 et je déteste les critiques qui spoil sa mère, la race de sa grand-mère, alors je finirais par vous crier: REGARDEZ LA FILLE DE RYAN (il passe dans quelques cinémas à l'occasion de la sortie de sa version remastérisée, si vous préférez internet, faites-moi le plaisir de le dl en HD).
Augustin-Prophè
10

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Créée

le 24 août 2013

Critique lue 758 fois

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