On passe à côté d’un thriller qui aurait pu être une franche réussite. Le pitch est plutôt intéressant, le casting est de qualité, on voyage un peu, la frontière entre le policier et l’espionnage fait plutôt bon ménage, et ressortir les vieux fantômes du Nazisme est un gage de récit souvent passionnant. Cependant, si l’ensemble attise la curiosité, l’exécution ne parvient pas tout à fait à convaincre. En cause, d’abord, un récit quand même sacrément alambiqué qui peut finir par décourager. Une mise en scène plutôt paresseuse qui ne parvient pas, ensuite, à transcender son sujet. Un Marlon Brando en pilotage automatique qui cabotine comme pas deux et qui vient clairement cachetonner. C’est franchement dommage car, en face de lui, George C. Scott, comme toujours, est parfaitement solide dans le rôle du flic entêté à qui on ne la fait pas.
Dommage que cette enquête soit cependant aussi fastidieuse et bavarde. Toute la partie allemande permet de plonger dans une opacité intrigante mêlant anciens nazis, problématiques berlinoises de la fin des années 1970, le tout assorti d’un jeu du chat et de la souris avec une Marthe Keller mystérieuse à souhait. L’ensemble aurait cependant gagné à être plus dynamique car les péripéties se limitent à des révélations faites au gré de rencontres avec différents protagonistes assez faciles à trouver, ce qui rend le récit parfois invraisemblable. Il faut l’avouer, au beau milieu de tout cela, quelques séquences de tension ou d’action (même très brèves, comme une poursuite en voiture ou une menace en forme de tentative d’assassinat) auraient donné plus de mordant à l’ensemble.
Cela se regarde avec un véritable intérêt mais le spectateur doit cependant être tenace. Et la conclusion qui consiste en une confrontation verbale dans un bureau entre George C. Scott et Marlon Brando ajoute de lourdeur au résultat. C’est dommage que la mise en scène de cette menace mondiale, qui rejoint quelque part les récits complotistes du cinéma américain des années 1970, ne soit pas davantage anxiogène et paranoïaque. Elle aurait certainement permis au film d’être plus efficace et de mieux traverser les années, même si le résultat n’a rien de déshonorant.