Tirée d'une histoire authentique mais arrangée, cette aventure vise l'univers des camps de prisonniers, les fameux stalags, où John Sturges, en bon spécialiste du cinéma d'aventure et de l'action, fait preuve de sa solide maîtrise, réunissant une distribution internationale, dont Steve McQueen, Charles Bronson et James Coburn qui faisaient déjà partie de ses Sept mercenaires. La désinvolture affichée par McQueen vis à vis des Allemands est très drôle, sa coolitude qui les nargue ouvertement me réjouit aussi. On peut en dire autant de James Garner qui parvient à chaparder tout et n'importe quoi... dans le reste du casting, j'aime bien Donald Pleasence qui joue un Anglais pointilleux et distingué avec malice, de même que James Donald incarne l'officier Allié le plus haut gradé avec une certaine dignité. Sturges fait partager au spectateur de façon remarquable les préparatifs, la construction du tunnel, les astuces pour déjouer la surveillance des Allemands, les rôles définis à chacun, et la mise au point de l'évasion avec toute l'organisation que ça implique. Le récit est bien mené, sans longueurs malgré la durée, on ne voit pas passer les 2h45, et c'est agréablement rythmé par la musique d'Elmer Bernstein qui décline une marche virile au leitmotiv joué en différentes variations. L'humour et l'espoir, la peur et le courage marquent les différentes étapes de cette aventure aux mille péripéties que jouent avec conviction les acteurs, et même après l'évasion, l'aventure reste prenante, avec notamment un morceau de bravoure célèbre qui est la chevauchée motocycliste de Steve McQueen, scène qu'il a exécutée en grande partie lui-même avec une moto allégée.
A l'arrivée, la réussite du film en a fait un triomphe commercial et l'un des plus célèbres films de guerre-spectacle, où le public se sent concerné par le drame et l'héroïsme de ces prisonniers décidés à tout tenter pour s'évader. Du bon cinéma, captivant, maîtrisé, techniquement bien réalisé, et en même temps un hymne à la liberté.