Ce film, "la grande magie", c'était histoire de découvrir le cinéma de Noémie Lvovsky que je ne connais absolument pas.
Je n'aurais peut-être pas dû commencer par celui-là … Pourtant, le descriptif du DVD semblait bien alléchant …
D'abord le titre qui semble si prometteur ; oui, le cinéma, le vrai, le bon, c'est normalement conçu pour être magique.
Et puis l'histoire ! Ce truc complètement idiot qui fait l'intérêt ou non d'un film d'après Jean Gabin … L'histoire commençait bien à travers ce spectacle dans un hôtel au bord de la mer où la femme (Judith Chemla) d'un des spectateurs (Denis Podalydès) profite du tour de magie pour fuir son mari avec qui elle est malheureuse. Même, cette troupe de théâtre ambulante m'était bien sympathique avec un truculent Sergi Lopez (que je n'ai reconnu qu'à son accent inimitable …) pour attirer et accrocher les spectateurs (oisifs) en montant le numéro musical dans le restaurant de l'hôtel. Et puis le symbole de la boite que Sergi Lopez donne à Denis Podalydès avait beaucoup de sens car se présentait un peu comme une clé pour regagner la confiance et l'amour de sa femme … Ça promettait en effet d'être magique.
Oui, mais voilà, ça c'était la première demi-heure (grosso modo). Parce qu'ensuite, on assiste à du remplissage par des numéros musicaux (insipides) qui ne m'ont pas vraiment inspiré, on se farcit une histoire qui stagne tranquillement et où surtout la troupe théâtrale squatte tout aussi tranquillement le domicile (sympa) de Denis Podalydès. Déjà là, l'histoire prenait un peu l'eau, sans mauvais jeu de mots, mais, il restait quand même l'espoir …
Arrive le troisième acte (le scénario est tiré d'une pièce de théâtre) avec le retour – tant attendu - de la belle, de Judith Chemla (la femme de Podalydès, pour ceux qui n'ont pas suivi). Et, là, crâââc, le scénario vole en éclat. Il n'y a plus de belle histoire. C'est fini, l'espoir, il est mort. Mais, qu'à cela ne tienne, tout va quand même finir en chansons. La troupe théâtrale, heureuse ! repart sur les routes, après avoir recruté la miss Chemla. Bon. Heu, non, pas bon du tout.
Ce qu'il y a de terrible, pour le spectateur que je suis, c'est que tout le film se détricote aussi vite qu'il s'était construit. La musique et les numéros musicaux que j'appréciais très modérément parce que trop loufoques m'apparaissent soudainement comme très surjoués, très artificiels, vains. La magie que j'avais bien voulu avaler au début du film s'estompe au profit d'une réalité même pas sordide, juste sans intérêt.
Ce film me donne vraiment l'impression d'une récréation que s'offre une troupe de comédiens parisiens, entrainée à la suite de Noémie Lvovsky dans une belle villégiature sur la côte bretonne. Aux frais de la princesse. Pour y tourner un film où on s'amuse bien et où on ne se bile pas trop. L'intérêt du public ? Bof, en voilà une question bien ringarde …