De la série B américaine typique des années 1970 comme je les aime. Une jeune fille qui s’ennuie au fond de sa campagne fugue à Los Angeles où, bien entendu, sa candeur la met dans les plus grands ennuis. Comme toujours, le monde interlope de cette période a de la gueule et cette plongée dans le monde des petites crapules et de grands caïds met en avant un cadre propice à un film de genre à l’ambiance particulière. La bonne idée est de plonger dans ce monde urbain un cowboy aux méthodes singulières. Pourquoi ? Tout simplement parce que le renversement des valeurs est évident : l’homme de bon sens qui débarque dans une ville suradministrée où l’humain est réduit à un point noir dans la foule agit selon sa propre logique. Celle-ci n’est, bien entendu, pas civilisée mais lui-même se révèle plus humain que ceux qui peuplent Los Angeles. L’idée est archi-connue, caricaturale à souhait, mais l’exécution est vraiment sympathique.


D’abord parce que Richard T. Heffron mène plutôt bien sa barque. Le film oscille parfaitement entre séquences légères (l’image de l’homme rustre sorti de son ranch qui se heurte à des petits truands qu’il corrige pépère) et des scènes plus dures qui amènent peu à peu l’ensemble vers une sorte de Vigilante propre à cette période. Ensuite parce que James Mitchum (s’il n’a pas le charisme de son père) fait vraiment le job. Avec une gueule presque semblable à celle de son paternel, il véhicule sa démarche faussement nonchalante et se révèle tout à fait convaincant dans les scènes d’action. Si ces dernières ne sont pas très nombreuses, elles sont particulièrement soignées, à l’image d’une séquence impressionnante qui se déroule à l’extérieur d’un ascenseur d’un building. La construction même du récit se révèle, par ailleurs, plutôt habile, empêchant de découper l’ensemble en deux parties distinctes.


Bien entendu, les failles ne manquent pas. Le rythme du film aurait mérité d’être plus soutenu, le final est quelque peu expédié et certains points du scénario présentent des raccourcis un peu grossiers. Mais tout cela ne gâche en rien l’efficacité de l’ensemble et une réalisation qui parvient toujours à maîtriser son propos sans tomber dans les nombreux écueils qui pouvaient lui tendre les bras. En clair, une série B très appréciable qui mériterait d’être un peu plus connue pour être apprécier plus largement.


6,5/10

Créée

il y a 5 jours

Critique lue 9 fois

4 j'aime

PIAS

Écrit par

Critique lue 9 fois

4

Du même critique

L'Iris blanc - Astérix, tome 40
Play-It-Again-Seb
4

La philosophie sur le comptoir

Aïe, aïe, aïe... L'arrivée de Fabrice Caro en lieu et place de Jean-Yves Ferri qui venait, à mon sens, de signer son meilleur Astérix dans le texte, était pourtant annoncée comme une bonne nouvelle...

Par

le 15 nov. 2023

26 j'aime

24

Astérix et le Griffon - Astérix, tome 39
Play-It-Again-Seb
7

Le retour de la griffe Goscinny-Uderzo

Depuis la reprise de la série par Ferry et Conrad, nos amis gaulois avaient une sacrée gueule de bois. La disparition de René Goscinny avait déjà très sérieusement entamé la qualité des albums même...

Par

le 22 oct. 2021

26 j'aime

23

Terreur aveugle
Play-It-Again-Seb
8

Bottes de cuir sans chapeau melon

Le sujet de la proie aveugle n’est pas entièrement nouveau puisqu’il a déjà été traité dans, notamment, Seule dans la nuit quelques années plus tôt. Le parti-pris de ce film écrit par Brian Clemens...

Par

le 18 nov. 2022

24 j'aime

4