Imaginez que le 6 janvier, je vous dise que j’ai déjà vu le meilleur film de l’année ? Je rigole… mais en vrai, imaginez.
Avec La Grazia, Sorrentino m’a pris par la main, m’a fait m’asseoir devant un écran de cinéma et m’a dit :
« Tu aimes le cinéma ? Bah voilà. »
Un récit extraordinaire sur le temps qui passe, sur l’amour et sur le poids des responsabilités.
Sous une intrigue politique se déroulant durant les six derniers mois d’un président italien vieillissant, La Grazia est un film d’une humanité dingue et d’un sens du détail complètement fou. La question est simple : va-t-il être favorable à la loi sur l’euthanasie ?
À partir de là, c’est le festival du chef-d’œuvre, porté par un Toni Servillo implacable, terriblement touchant et d’une générosité de jeu folle, servant des dialogues incisifs, parfois punk, parfois transperçants d’émotion.
Et ça, c’est sans compter tous les détails fous de mise en scène et une musique qui transcende chaque scène, avec un parti pris tellement original.
C’est tellement ça, le cinéma.