Ma femme m’a poignardé à l’estomac. Avec une lime à ongles, cette fois
Les Rose ont l’intention de divorcer. Ils ne reculeront devant aucune mesquinerie pour posséder leur propriété.
Une ode macabre à la désunion
Il est des œuvres cinématographiques qui, par leur finesse caustique, parviennent à déconstruire les institutions les plus vénérables pour en révéler les failles béantes. Ce film-ci, d'une acuité cinglante, assène un joli camouflet à l'illustre institution du mariage, révélant la haine qui peut succéder à un amour foncier. Il ne s'agit pas d'une simple comédie, mais d'un drame sombre qui, par un équilibre d'une précision diabolique, allie la farce et la tragédie. C'est une satire féroce et impitoyable de la vie conjugale, dont le cynisme est un régal pour l'esprit, invitant le spectateur à une réflexion sur le couple et son érosion inévitable.
Le champ de bataille du foyer
Le film, hautement intelligent, utilise un décor en apparence banal pour en faire le théâtre d'une bataille homérique. La maison des Rose, d'abord un symbole de leur réussite sociale et de leur union, devient un champ de bataille où la destruction est à la fois littérale et métaphorique. La mise en scène de Danny DeVito est un travail d'orfèvre, une véritable chorégraphie de la destruction. Son rôle de narrateur, impeccable, ajoute une couche de cruauté comique à l'ensemble. Il se délecte de la chute des protagonistes, commentant leurs actions avec un détachement amusé qui nous invite à la fois au rire et au malaise.
L'incarnation d'un amour pourri
L'interprétation des acteurs, Kathleen Turner et Michael Douglas en tête, est d'une sublimité qui confine au génie. Ils incarnent avec une froideur et une fureur remarquables deux êtres qui s'autodétruisent sous nos yeux. Leurs performances sont le cœur de ce ballet de la haine. Leurs efforts pour se venger l'un de l'autre, tout en cherchant à obtenir le dernier mot, transforment le film en une guerre sans merci, pour le plus grand plaisir du spectateur.