Un film de série B à l’esthétique étonnamment noble — peut-être trop, d’ailleurs. Cette reconstitution appliquée d’une page sombre de l’histoire nationale s’embarrasse d’un casting étoilé, comme pour s’assurer une certaine gravité.
Difficile de ne pas penser à Un homme de trop (1966) en observant cette troupe de résistants malmenée par les circonstances, tout comme il est impossible d’ignorer, dans le dernier tiers, l’ombre tragique du massacre d’Oradour-sur-Glane qui vient hanter les images. Il y a, sans doute, une sincérité dans la volonté de rendre justice à ce sujet grave, mais cette bonne conscience écrase peu à peu la mise en scène, la figeant dans une forme de solennité un peu terne.
Le parti pris d’un dispositif réduit — une seule caméra pour filmer les affrontements militaires — intrigue autant qu’il frustre : geste audacieux sur le papier, mais limité dans son exécution par une retenue presque ascétique. On en vient à regretter l’absence de ce plaisir de cinéma, presque enfantin, que procurent les scènes d’action réussies, là où ici ça bombarde mollement, ça explose à demi.
Côté acteurs, Ronet est correct et on s’inquiète pour lui, Trintignant est d’une justesse discrète, Hossein, fidèle à lui-même, cabotine avec passion, et Kalfon fait de la figuration parlante. La carrière d’Astruc, figure intellectuelle ayant marquée la Nouvelle Vague avec la théorie de la “caméra-stylo", faut peut être le coup de s’y penchée mais pour l’instant avec ce film modestement prétentieux je ne suis pas convaincu.