J'avais oublié la plupart des détails de ce film vu il y a longtemps, et je comprends pourquoi. Pour moi, le véritable coupable de "La main au collet" est le 'Maître' Hitchcock, qui n'a su livrer ici ni dose de suspense psychologique suffisante, ni humour mordant ou technique de narration innovante qu'on lui connaissait.
En le revoyant l'autre jour, j'ai été aussi frappé par le nombre de ressemblances et de points communs entre cette oeuvre, mineure (et avouons-le, peu palpitante) d'Hitchcock, sortie en 1955, et le premier opus de "La Panthère rose" (1963) de Blake Edwards, qui lui s'est avéré une grande réussite et un mémorable petit bijou de cinéma.
On dirait que Blake Edwards a su transformer cet 'échec' de 'Hitch' et imposer son propre style comique en se concentrant davantage sur la comédie et l'ironie, avec l'ajout de gags et plus d'éléments satiriques que dans "La main au collet".
Deux fims, deux comédies policières mélangeant légereté et suspense, qui mettent en scène un gentleman-cambrioleur élégant (quoique dans 'La Panthère Rose', Sir Charles Litton incarné par David Niven, censé être le premier rôle, se verra voler la vedette par Peter Sellers en inspecteur éternellement maladroit !). Ils présentent tous deux des intrigues autour de vols de bijoux, le premier se limitant à la Côte d'Azur, le suivant étendant ses méfaits à travers le monde...Tous deux intègrent également une femme fatale sophistiquée (ici Grace Kelly, dans le suivant, Claudia Cardinale), ainsi qu'un antagoniste *SPOILER*
ici un imposteur / copycat qui vole des bijoux et finit par se faire arrêter, dans l'autre l'inspecteur Clouseau, également arrêté à la fin.
Enfin, les deux films incluent une longue soirée costumée entre notables/jet-set et feu d'artifice, suivis d'une partie de 'cache-cache' avec duel dans l'obscurité. Blake Edwards a aussi très bien exploité et amélioré le fameux effet de débouchage de champagne, héhé.
Si Grace Kelly est indéniablement l'une des meilleures ambassadrices (après Audrey Hepburn et sa mythique petite robe noire, bien sûr !) de la haute couture des années 50, elle confirme également qu'elle est incapable de transmettre des émotions, de par sa diction, sa voix imperturbable tout du long, sa gestuelle artificielle, même quand elle s'extasie sur la vue panoramique de Monaco, ô ironie...
La scène du feu d'artifice, supposée être torride, est super kitsch avec un montage maladroit et des effets qui tombent complètement à plat, ni drôles ni sensuels, juste... mauvais.
Cary Grant, quant à lui, semble avoir abusé de la cabine de bronzage, et a dû se rendre compte de la 'piètre' qualité du scénario, comme illustré dans la scène de l'autobus où il se trouve pris en étau entre une cage à oiseau, et le 'Maître' qui tire une tronche de six pieds de long (pour ne pas changer).
Bref, un petit film-carte postale à ne (re)voir que pour ses très jolis décors et vues de la Rivieira estivale, laquelle aura attiré hélas beaucoup trop de touristes friqués.