« The wedding bells have a such sound but a such sour echo »

Buster reçoit comme cadeau de noces une maison en plusieurs morceaux à assembler.

Force est de constater que ce vénérable artefact cinématographique, émanant de l'inépuisable inventivité du cinéaste, recèle indubitablement un charme suranné qui, malgré le poids des décennies écoulées, parvient encore à susciter un acquiescement intellectuel. L'œuvre dépeint, avec une méticulosité visuelle et une économie de moyens narratifs propres au septième art de ses balbutiements, une semaine prolifique en péripéties abracadabrantes et en étourdissements d'une nature assurément baroque.

L'on observe avec une placidité non exempte d'une certaine fascination l'odyssée d'un protagoniste dont la physionomie impassible et le comportement flegmatique, dénués de tout enthousiasme ostentatoire ou de passion exubérante, paradoxalement, engendrent une forme d'attachement distancié chez le spectateur. Ses tribulations quotidiennes, centrées sur l'entreprise pour le moins spéciale de l'assemblage d'une demeure préfabriquée et l'installation subséquente de son mobilier, constituent la matrice d'une pléthore de gags d'une efficacité comique indéniable. L'imbrication des éléments architecturaux et l'agencement des objets domestiques donnent lieu à une cascade de situations burlesques dont l'ingéniosité formelle mérite d'être soulignée.

De ce concept intrinsèquement facétieux, Buster Keaton parvient à extraire un court-métrage qui, fondamentalement, remplit sa fonction récréative avec une probité certaine. Il convient également de mentionner la trouvaille stylistique particulièrement inventive de la censure opérée par une main opportune se plaçant devant l'objectif. Cette astuce, d'une simplicité déconcertante, conserve, après un siècle d'existence cinématographique, une efficacité comique surprenante, témoignant d'une maîtrise du langage visuel avant-gardiste pour son époque.

Néanmoins, il serait intellectuellement malhonnête de passer sous silence quelques menues réserves.

L'arrivée du second convoi ferroviaire, bien qu'intégrée à la logique narrative, n'a pas surpris mon acuité perceptive, son anticipation s'étant révélée relativement aisée.

En sus, la partition musicale accompagnant le défilement des images, par sa répétitivité insistante et son caractère parfois strident, a pu occasionner chez l'auditeur une légère lassitude, voire une certaine exaspération. Toutefois, ces quelques ombres au tableau ne sauraient occulter la valeur intrinsèque et le caractère divertissant, quoique d'une manière posée, de cette œuvre d'un autre âge.

Trilaw
7
Écrit par

Créée

le 26 mars 2024

Modifiée

le 18 mai 2025

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