Réalisé en 1963 par l'italien Renato Castellani, ce film est une sorte de synthèse maladroite des influences évidentes du néo-réalisme Viscontien par un auteur non dénué de talent visuel, qui pêche excessivement dans sa mise en place narrative.
Totalement dénué de fil conducteur, probablement volontairement, ce film déroule sa narration dans une sorte de désintérêt qui ne serait pas gênante outre mesure si la mise en scène prenait le pas sur cette évident abandon du schéma narratif, mais ce n'est que rarement le cas. Tellement empêtré dans ses influences et sa manière de les mettre en avant, le réalisateur se perd dans une sorte d'imbroglio indigeste et finit par faire disparaître tout l'intérêt de son œuvre.
L'accroche initiale promettait pourtant le meilleur, avec un casting haut de gamme, Gina Lollobrigida, Jean-Paul Belmondo et Tomas Milian, ni plus ni moins, mais par un manque de direction et une légèreté trop souvent prononcée, l'acteur français en fait des tonnes dans les excès et le cabotinage, tout ce beau monde semble livré à lui-même.
Reste quelques plans en mer d'un bel apanage visuel et une liberté de ton qui pourrait faire penser au meilleur de la comédie italienne, si la mise en application ne souffrait pas d'un manque évident d'implication d'un réalisateur sans réel talent.