Mikio Naruse et Yasujiro Ozu possèdent une grande proximité.
1. Leur cinéma n'est pas fortuit.
Les 2 réalisateurs sont nés au début du XXème siècle, ont vu le Japon s'autodétruire dans la folie de la 2nde Guerre Mondiale et - de ce fait - ont mis la transformation du Japon au centre de leurs œuvres.
Le Japon qu'ils nous content est celui du commun des salariés (genre shomingeki). Ici blanchisseur, parfois secrétaire dans des bureaux des centre villes ou encore artisan dans les banlieues. Toujours dans un style tragi-comique.
2. Des thèmes sociétaux
L'un comme l'autre mettent en scène les évolutions de la société japonaise durant les 30 glorieuses.
- La fin du culte des ainés et la condition féminine - son thème fétiche.
- Les difficultés de se nourrir sainement et à rester en bonne santé.
- L'antagonisme entre les générations.
- La rupture entre Tradition asiatique et Modernisme occidental.
La Mère aborde tous ces sujets frontalement avec une grande subtilité.
Chaque acte, chaque scène est pesé et revêt un aspect symbolique.
Exemple : pour financer sa subsistance, la protagoniste met en vente son kimono (symbole du Japon d'antan).
3. Un cinéma d'une époque.
Evidemment le film de 1952 est tourné en noir et blanc, comme la quasi totalité de la cinématographie de Naruse et Ozu.
Mais d'un point de vue formel, le point marquant est l'usage de la caméra fixe.
Tant par soucis d'économie que par amour des tableaux vivants.
A l'arrivée, le film gagne en intimité ce qu'il perd en mouvement.
Bref une oeuvre touchante de Naruse à ne pas manquer pour tous les amoureux du cinéma japonais d'après guerre.