La Meute par RaphiLeSobre
C’était Alexandre Astier qui disait récemment qu’en France, on avait un problème d’écriture en matière de dialogues pour le cinéma et/ou la télévision. Paraîtrait que ça sonne faux, creux ou absolument pas dans le ton. Ceux de La Meute me semblent bien représentatifs de ce phénomène. Ok, ils ne vont pas si loin que La Horde qui, en la matière, avaient probablement été rédigés par deux gamins de 12 ans s’injectant de la testostérone en intraveineuse alors qu’ils mataient les cinématiques d’un Gears of War. Mais dans le genre, c’est pas mal.
Mais plus que les conversations, c’est le film dans son ensemble qui est bancal. Mal rythmé, pas intéressant et tapant dans la campagne cradingue et reculée à la Sheitan ou Frontière(s), il trouve parfaitement sa place entre ces deux-là, étant tout aussi vain et gratuit. Reste une Yollande Moreau excellente dans son rôle de vieille folle, complètement desservie par l’écriture à chaque fois qu’elle ouvre la bouche. Tout comme le reste du casting dont l’interprétation pourrait être sujette à caution si l’on n’avait pas pitié d’eux face aux personnages à chier et sans consistance (mention spéciale aux motards qui annoncent la couleur dès le début) qu’ils subissent. On pourra toujours louer l’essai de vouloir créer une sorte de fantastique surfant sur l’histoire régionale du Nord et de ses alentours, mais c’est tellement mal fichu que même cette tentative tombe à l’eau.
La Meute est long comme un jour sans pain et aussi captivant que les interventions tactiques de BHL en Lybie. C’est dire si ça brasse de l’air.