Yolande Moreau (“Séraphine”, “Les Deschiens”), en tenancière d’un saloon made in France - tenant en joug du bout de son fusil, des bikers - a ce sympathique petit mot primesautier pour l’un d’entre eux : “Je vais repeindre mon lino avec le jus de tes couilles”. Quelques minutes, auparavant, Charlotte (Emilie Dequenne) , en route pour ailleurs à bord de son break, prend en stop Max (Benjamin Biolay). Les deux voyageurs font une halte dans l’établissement, et se trouvent importunés par les bikers cités plus haut. Max disparaît en allant aux toilettes, Charlotte inquiète revient à la nuit tombée pour le retrouver, mais Yolande dit “La Spack”, l’a fait aussitôt prisonnière et compte bien la livrer en pâture à une meute de goules cannibales. Voici en substance les délicates premières minutes du film “La Meute” de Franck Richard, qui a aussi écrit le scénario et les dialogues - on imagine par souci d’économie - et effectivement, ça se voit bien. Pourtant, les efforts du réalisateur pour rendre son film aussi malsain qu’un “Massacre à la tronçonneuse” ou encore un “Calvaire” sont bien visibles, mais la mayonnaise prend moyennement, car le récit hésite entre l’angoisse et le décalage. Les apparitions des goules - créatures qui sont nées du sang et de la terre des terrils - et les saillies gores, nombreuses au demeurant - ne procurent pas l’angoisse escomptée. Les moments les plus intéressants du film, on les doit à l’humour noir de certaines situations, mais surtout aux personnages de Yolande Moreaux, Philippe Nahon (en policier à mobylette), et les caricatures des bikers, c’est le comble pour un film d’horreur interdit au moins de 16 ans. L’entreprise reste louable grâce à l’atmosphère et à la photographie, mais cela ne suffit pas. Dommage !!