Réalisé par Olivier Dahan, La Môme retrace la trajectoire chaotique et flamboyante d’Édith Piaf à travers un récit fragmenté et un portrait sans concession.
Impossible de parler de ce film sans évoquer Marion Cotillard, qui livre une performance impressionnante, investie jusque dans le moindre geste, jusqu’à adopter ce cabotinage exagéré qui faisait partie intégrante de la personnalité de la chanteuse. Si son engagement force le respect, il met aussi en lumière le décalage avec le reste du casting, qui ne suit pas toujours son intensité. Côté esthétique, la photographie et la mise en scène s’avèrent solides, élégantes même(exceptées ces perruques immondes qui cassent parfois l’illusion).
Là où le film échoue véritablement, c’est dans son écriture : la narration éclatée, faite d’ellipses et de retours en arrière, devient vite illisible et empêche toute immersion. Pire encore, le portrait dressé ne cherche jamais à rendre Piaf attachante ou simplement humaine, donnant l’impression d’un biopic à charge et surfacique plus qu’un hommage. Enfin, la galerie de seconds rôles — Gérard Depardieu, Sylvie Testud, Clotilde Courau, Pascal Greggory, Jean-Pierre Rouve, ou encore Emmanuelle Seigner — semble parfois n’être là que pour remplir un quota de “visages connus” du cinéma français (as usual).
Au final, si la performance de Marion Cotillard mérite d’être vue, le reste du film peine à convaincre.