Dans cette suite de la Mémoire dans la peau, on retrouve Matt Damon dans le rôle de l'agent Jason Bourne, toujours traqué et changeant d'identité, d'après les romans de Robert Ludlum. Sauf que Doug Liman cède sa place à l'Anglais Paul Greengrass qui signe ici sa première grosse production hollywoodienne. Il a plutôt bien réussi à gérer ce genre de gros film en gardant les acquis du premier opus avec l'identité qui a été imprimée et un personnage à l'opposée de James Bond, pas frimeur, sec, pugnace et sobre, toujours incarné avec brio par Damon, tout en alliant son style quasi documentaire au film d'action.
C'est ce qui est intéressant dans ce second volet de la trilogie Bourne, ce cocktail d'espionnage dense et bien mené, et la sécheresse d'un certain réalisme, en donnant un ton légèrement différent du premier film ; le réalisateur réutilise les mêmes ingrédients tout en donnant un ton plus politique-fiction, avec une tension continuelle, car après tout Bourne est furax, il cherche à faire douter et inquiéter cette CIA qui le croit responsable d'un assassinat et qui veut le dégommer. Pour moi, cette trilogie Bourne est homogène, ses 2 premiers volets sont d'égale qualité, le 3ème un peu en-dessous, alors que les autres volets sont nettement inférieurs, Jason Bourne, l'héritage un peu moins efficace, mais pas si mauvais qu'on veut bien le faire croire, alors que le Jason Bourne sorti en 2016 est selon moi une vraie calamité. Cet opus comprend encore un casting très relevé, un scénario aux ramifications complexes, et surtout des scènes d'action bien conçues, dont la course-poursuite entre Damon et Urban dans les rues de Moscou, une scène de bagnoles frénétique qui reste une des meilleures de l'histoire du polar et du film d'action.