Mais je ne sais pas trop quoi en penser en fait.
Au premier abord, ça ressemble à du réalisme frais ; mais il y a quelques scènes cartoonesques.
Ça semble enfantin comme le club des cinq, mais avec des méthodes de terroriste et même un meurtre.
Ça parle d'écologie, mais les motivations sont globalement très personnelles.
Ça parle de harcèlement, mais le harcelé a des réflexes de petit tyran.
Quelle leçon tirerait-on de ce film ? Le combat écologique n'est un prétexte qui cache des blessures narcissiques ? Quand il y a une fille dans un groupe, c'est forcément pour faire un triangle amoureux façon Schtroumpfette ? Quand on donne un peu de pouvoir à un gamin maltraité, il rêve d'éclater des gens contre les montagnes ?
Bien loin des poncifs que je lis dans les articles parcourus (fable écologique, club des cinq, gnagnagna), c'est un film qui n'en a rien à faire de la morale. Je dis ça sans jugement aucun. C'est un constat. C'est ni mignon, ni attendrissant : il faut se caler du côté du cartoon où la mort n'existe pas (j'ai aussi pensé à certains dépassements de limites plus anglais) pour que ça passe. Sans quoi le gamin qui exulte à la fin, voyant les tonneaux de la voiture dans le ravin, a des allures de psychopathe, et ses copains derrière qui le regardent avec attendrissement sont à peine moins inquiétants. Transposés en Titi ou en Jerry voyant chuter le chat dans le vide, ça va.
À la décharge des journaux qui ont rédigé ces fadaises, les résumés donnés indiquaient parfois clairement que le film n'avait pas été vu. Ouf, l'honneur est sauf.