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Ascenseur social, prison, cannibalisme et suicide.

La plateforme est un très bon film à concept (inspiré d'un court-métrage). Il nous raconte l'histoire d'un homme nommé Goreng, qui va vivre 6 mois dans une fosse/prison en forme de tour, à 333 niveaux (ici une image de l'ascenseur social). Dont le système de nourriture, se fait de l'étage 1 au 333. Le système étant décroissant, les personnes des premiers étages manges tout et ne laisse rien pour les étages du bas, les poussant au cannibalisme pour survivre, ou dans de nombreux cas, au suicide (la nourriture représentant les biens, l'argent, mais aussi... la nourriture ; et le système une image des riches, des personnes avantagés, prenant un maximum des part, et ne laissant rien au autre).


Pour entrer dans le concret, le porte-étendard du film et la raison pour laquelle il a fait du bruit : son message. Message parfois approuvé, parfois renier, et parfois qu'à moitié compris. Mais s'il on pourrait douter de la pertinence d'un message parfois naïf, il est très bien retranscrit. Chaque éléments du film recèle un message, une idée, transcrit de façon plus ou moins subtil.
Par exemple : lorsque les personnes qui se trouvent dans les bas étages font preuve de cannibalisme, métaphore pour induire que les pauvre sont obligé de se "bouffer" entre eux pour survivre.
Ou encore : Quand Baharat souhaite monter les étages avec sa corde, et que le couple dans l'étage au dessus lui font croire qui vont l'aider, pour ensuite lui chier littéralement à la figure. Là encore, c'est évident : Les personnes plus aisés, dans leurs vices, usent d'hypocrisie, et n'ont que faire des gens plus pauvre qu'eux. Et agissent malgré que le changement d'étage se fasse tout les mois, montrant l'instabilité d'une situation sociale (quand on ne fait pas partie de l'administration ou de ceux qui contrôle la fosse, donc de ceux qui contrôle le système). Et montrant en même temps la bêtise de l'humain, incapable de se projeter au-delà d'une journée, de simples bêtes animés par des désirs bestiaux (confirmé par la scène suivante ou on les entend copuler).
Ceci n'est que deux exemples prit au hasard, mais tout le film est construit ainsi.
Mais c'est à la fin que le message se sublime et prend tout son sens.
Alors que Goreng et Baharat atteignent le niveau 333, (qui est un chiffre indiquant q'une personnalité divine, comme un ange, nous fait signe, et qu'il veut soit nous adresser un message, ou soit un signe pour que l'on prennent une décision ; ce qui colle avec la suite du film). Apparaît la jeune fille, qui est le symbole de l'espoir, et qui n'est en réalité qu'une allégorie de la jeunesse (d'ou sa bonne santé et son état physique : elle représente la jeunesse n'ayant pas encore subi les épreuves de la vie). Le pana cotta est la représentation du message, qui donné par Goreng et Baharat à la jeune fille, est une métaphore pour indiquer une transmission du message à la jeunesse. Message qui est le fruit du travail des deux hommes, de leurs combats qui est représenté par la descente des niveau, et des "épreuves" qu'ils subissent à chaque étages. Le réalisateur aborde ici et plus tard la question de sacrifice pour ses valeurs et pour changer le système. Après avoir transmis le message, ils espèrent qu'il atteindra un jour destination. C'est dans cet éléments que se précise un point important du message : la transmission de génération en génération. On comprend que le réalisateur ne croit pas vraiment au "lutte directe", mais que l'on doit se battre pour ses valeurs, les transmettre à la génération suivante, et ainsi de suite, pour espérer qu'un jour, le message atteigne vraiment son but. Message s'adressant à la fois à l'administration, ce qui contrôle la fosse, donc indirectement en quelque sorte "l'élite" qui influencent le monde, et en même temps, le spectateur, à qui s'adresse directement le message.
RIEN, n'est laissé au hasard, et même en constatant des éléments doutable, en y réfléchissant on y trouve vite un sens (comme le : pourquoi est-ce que personne dans les bas étages n'essayent de monter sur l'ascenseur pour monter plus haut dans les étages ?
Réflexion simple, ou le réalisateur à anticipé cette question logique, et le film y répond indirectement : on voit des personnes descendre, mais à part le message, personne ne monte. Indiquant clairement qu'un pauvre ne peut pas monter facilement et par son simple désir l'échelle sociale).
Mais le message étant le but du film, il n'en reste pas le seul point positif et travaillé du film.


Car le film est sublimé par le travail de mise en scène. Par exemple, Goreng sera toujours à l'opposé, à distance ou décalé par rapport à Trimagasi (le vieil homme) quand celui-ci est mort. Ce qui indique qu'ils sont différent à la fois dans leurs idées et aussi dans leurs conditions. Pour revenir sur la fin, et là ou cela va changer, ou dans le gouffre sombre, sous la fosse, Goreng prend place au côté de Trimagasi. Signifiant à la fois que le héros à rejoins le vieil homme dans sa condition physique, la mort (mort qui se passe dans la déchetterie de la mort : là encore, un message tout à fait subtil), leurs espoirs pour les générations future, et aussi, que Goreng à afin accepter son côté obscur (que représentait Trimagasi en quelque sorte, s'opposant régulièrement à ses idées, et étant le personnage type qui vit dans le système tout en le subissant, mais en ne cherchant pas à le changer).
Autre exemple plus tape à l’œil : Lorsque Goreng et Baharat descendent dans la fosse par "l’ascenseur", et qu'un homme leurs jette de l'argent. Un plan prend place, ou l'on voit une pluie de
billets pleuvoir sur les deux hommes, les visage sombre affaibli par les épreuve. Tête baissé, ils ne regardent pas l'argent, pour montrer leurs désintérêt pour l'argent, et que dévorer par le désarroi et la douleur, les billets les laisses indifférent. Tout en insinuant que là ou la violence règne, l'argent n'a pas l'importance qu'on lui accorde par habitude, et perd sa valeur fictive.


Autre point intéressant du film : la lumière. Dans le global, et malgré parfois de forte pénombres, comme dans le gouffre, on voit très bien, et les éléments à mettre en avant sont très bien éclairé. De plus, la couleur du bleu et du rouge, et simplement mais intelligemment amené. N'étant au début que la représentation du jour pour le bleu, et de la nuit par le rouge ; vont vite devenir le jeu de la clairvoyance et du sombre. Le bleu amenant ensuite des moments, globalement, de tranquillité et de lucidité, tandis que le rouge amenant des moments ou les personnages perdent la tête et sombre dans la folie.


La plateforme est globalement un très bon film, bien dirigé, dont les acteurs aussi interprète savamment leurs rôle dans les différents "portraits de personnages". Que l'on trouve pertinent le message ou non, on ne peut nier les idées intéressantes que propose ce film.

TheAngelCursed
10
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le 10 avr. 2020

Critique lue 3.1K fois

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6

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