Un homme incapable de se remettre d’une rupture se construit une relation avec une poupée nommée Audrey, jusqu’au jour où celle-ci prend vie. Tout change avec l’arrivée d'une nouvelle collègue dans son entreprise, qui vient fissurer cet équilibre étrange. Vincent Macaigne apporte son énergie habituelle, à la fois nerveuse et fragile, donnant au personnage une humanité touchante malgré son absurdité. Cécile de France livre une performance savoureuse, potache et légère. Zoé Marchal incarne quant à elle un personnage plus frontal, porteur d’un discours féministe qui vient bousculer les dynamiques du récit. Malgré ce casting, "La Poupée" donne rapidement le sentiment de ne jamais aller au bout de ses idées. Le film esquisse plusieurs pistes entre la critique de la solitude et la satire des relations déséquilibrées, mais aucune n’est pleinement développée. Le fantastique, notamment, reste largement décoratif et ne trouve jamais une vraie cohérence narrative. On peut accepter de ne pas obtenir d’explication sur la transformation d’Audrey. On pardonne moins ce final précipité qui donne l’impression d’un récit abandonné en cours de route.