La poupée diabolique, resté inédit en France, est une série B en noir et blanc très sympathique. On suit l'histoire d'un ventriloque troublant (Le Grand Vorelli) et de son inquiétante marionnette Hugo. Outre ses talents de ventriloque, Vorelli maîtrise l'hypnose comme personne et ses pouvoirs donnent lieu à de mémorables numéros de scène (véritables moments forts du film) au cours desquels la tension est assez forte. D'autant plus que les numéros de ventriloquie ressemblent à des rapports de force entre le ventriloque et sa marionnette. La qualité du film repose en grande partie sur les épaules de son interprète principal (Bryant Haliday) qui campe merveilleusement ce personnage inquiétant. Le scénario comporte quelques longueurs préjudiciables au rythme, une enquête parallèle sur les origines de Vorelli étant menée par un personnage assez fade. Le film trahit son origine d'exploitation au cours de scènes gratuites plus ou moins érotiques. Sidney J. Furie, à l'origine engagé pour réaliser ce film, a du décliner au dernier moment et a proposé le nom de Lindsay Shonteff pour le remplacer. Le producteur a néanmoins obtenu de Furie qu'il assiste au tournage et qu'il conseille Shonteff. Dès lors, il n'est pas étonnant que cette oeuvre soit la meilleure de ce dernier. Les films inquiétants mettant en scène des ventriloques et leurs pantins sont des denrées rares. C'est une des principales bonnes raisons de visionner cette Poupée Diabolique.