La renardière
Fiche technique
Synopsis · Après plus de vingt-cinq ans d’union, « Gigi » a fuit à l’âge de quarante-cinq ans son mari d’origine algérienne. Ils ont tous deux dirigé des bars discothèque en Europe ainsi qu’un « Hôtel de passe » à Aachen. Ma grand-mère paternelle, que j’ai rencontré pour la première fois à vingt-trois ans, a toujours été une énigme pour moi. Originaire du Nord-Pas-de-Calais depuis plusieurs générations, elle vit aujourd’hui dans la banlieue Lilloise. Gigi, la voix rauque et asthmatique, morcelée en souffle continu et en mots - ponctue des films tourné-monté en super 8 et en 16mm. La renardière dévoile des fragments d’images pour des fragments de vies. L’image, le grain. La pellicule réagit comme la chair : ça souffre, ça vit, ça se travaille, ça se retravaille, ça s’en prend plein la gueule. Un corps torturé volontairement ou accidentellement. Un corps interdit et passionnel en devient pernicieux, presque blasphématoire. Cette dichotomie entre le corps pudique et le corps publique est source d’étonnement et de fascination. Un catalogue de vie que je dissèque comme un corps, morceau par morceau, une suite d’images en matière. Un catalogue de vie que j’énumère métaphoriquement, en liste descriptive, comme le ferait un enquêteur impliqué, subjectif et touché.



