Les révoltés de la grande plaine.
Texas, peu après la fin de la guerre de Sécession. Il n'y a plus d'argent, le fric est parti au Nord et les clients traditionnels du Sud, grands perdants de la guerre, n'ont pas un radis à échanger contre du bétail bien gras. La seule solution, une équipée de plusieurs centaines de kilomètres à travers le désert et la plaine, encore pleine d'indiens peu amènes et de bandits l'étant encore moins. Tom Dunson, propriétaire est prêt à tout et son quasi fils adoptif Matthew Garth (et fournisseur d'une bête à cornes dès le départ), revenu de la guerre et fin tireur, est là pour le seconder ainsi que son vieux pote avec qui il a fondé son ranch. Entre Missouri et Abilène, la voie plus ou moins sûre ou le chemin court carrément dangereux, les choix ne sont guère aisés, surtout avec un Dunson qui après avoir semé tellement de cadavres derrière lui et perdu sa promise dans un raid d'indiens des années plus tôt, n'est pas du tempérament à discuter avec qui que ce soit. Les choses ne pouvaient que tourner mal, et la mutinerie (mer d'eau ou de sable, quelle différence au fond) sévir au sein des convoyeurs et jusque dans le cercle rapproché du grand Dunson lui-même.
Red River est un face à face devenu presque basique depuis le temps qu'on le fait mais sa simplicité et le talent des acteurs se faisant face contribue à l'immortalité d'un film qui parvient a être coloré tout en demeurant noir et blanc. Tripotée d'acteurs excellents, Clift galopant loin devant, mise en scène magnifique, il n'y a pas une minute de trop et c'est un pur plaisir. John Wayne excelle dans son rôle de Tom Dunson, salaud tyrannique sans scrupule, chapardeur de bétail si l'occasion se présente, prêt à descendre qui l'empêchera de s'installer sur la terre qu'il a estimé comme étant comme sienne, unilatéralement s'entend, paternaliste au point de dire une prière pour les types qu'il fait lui même exécuter et mentalement prêt à fouetter ses propres hommes. Une flingue dans une main, une Bible dans l'autre, Wayne est magistral, et Clift, superbe, a tout du jeune homme en quête de. . .liberté de pensée et d'un droit à l'existence pure et simple car sous le règne de Tom Dunson, l'on n'existe pas. Le mot est fort mais pas tant que ça. Sur le côté d'abord, puis au beau milieu ensuite, Joanne Dru en très belle demoiselle, et sous la pluie elle est encore mieux.
Le film, parfait, aurait pu l'être davantage si Hawks avait osé suivre la ligne du roman jusqu'au bout et mené les opposants jusqu'au bout de leurs logiques respectives.
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