C'est un film magnifique...
Je ne reviens pas en détail sur l'histoire : Tom Dunson, qui s'est monté son ranch à la sueur de son front au prix de grands sacrifices et qui se voit obligé de partir sur la piste avec son énorme troupeau de bétail pour aller le vendre... Son fils adoptif l'accompagne ainsi que son vieux compagnon. On peut dire qu'il fait un "burn out" et se met tout le monde à dos d'où mutinerie...
Beaucoup de choses ont déjà été écrites et vraiment très bien écrites.
Je souhaite juste revenir sur la fin, qui semble décevoir certains d'entre vous. Pourtant, comment cela pouvait-il finir autrement ? Dunson (formidable John Wayne au passage) a élevé Matt (Montgommery Clift merveilleux) comme son fils. On sent bien la connivence entre les deux tout au long du film. Ils ont les mêmes tics (la façon dont ils se passent le doigt sur le nez par exemple) et les mêmes réactions parfois (allez, on abandonne la femme qu'on aime, bande de malotrus !). Dunson pête un câble : normal, comme l'explique son vieux compagnon, il a trimé toutes ces années et doit maintenant jouer son avenir sur un coup de poker. Et puis, comme tout parent, il n'a pas forcément vu son fils grandir et devenir adulte. Cependant, quand il amène la jolie amoureuse avec lui, inconsciemment, ce n'est sûrement pas pour qu'elle pleure sur le corps de Matt une fois qu'il l'aura tué comme il n'arrête pas de le proclamer. En fait, il faut qu'il reçoive un maître coup de poing de son fils pour que 1) il revienne à la réalité et sorte de son cauchemar (exactement comme lui-même a sorti Matt de son état de choc au début du film en lui flanquant une sacrée beigne) et que 2) il se rende compte que c'était un homme qu'il avait devant lui et non plus un petit garçon...
A part ça, encore un film hawksien avec le trio de l'homme aux trois âges : le héros du film entre deux âges, le vieux (toujours excellentissime Walter Brennan) drôle et témoin, le jeune, bien plus posé et intelligent que ses aînés (et beau aussi, non, vous ne trouvez pas ?). Et la figure de la femme au mileu, toute de sensibilité et d'intelligence, d'insolence aussi. Moi, j'adore et j'en redemande !
Maggou
10
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Top 10 Western et les films d'Howard Hawks

Créée

le 27 avr. 2013

Critique lue 453 fois

Maggou

Écrit par

Critique lue 453 fois

7
10

D'autres avis sur La Rivière rouge

La Rivière rouge

La Rivière rouge

8

Sergent_Pepper

3176 critiques

In the flame of the father.

Avant le Convoi de femmes et celui des vivres dans Les Affameurs, il y eut le grand film du convoi de bétail, et c’est à Hawks qu’on le doit. Lui qu’on connait plus à son aise dans des espaces clos...

le 24 janv. 2018

La Rivière rouge

La Rivière rouge

8

Ugly

1827 critiques

Le vétéran et le pied tendre

Comme souvent dans les films de Hawks, la Rivière rouge est l'histoire d'une amitié, mais une amitié contrariée et chaotique. Ce sont 2 hommes que tout sépare, l'âge comme l'expérience, et Hawks a...

le 19 oct. 2017

La Rivière rouge

La Rivière rouge

7

Libellool

438 critiques

Une vengeance qui confine à la farce

Cette critique contient des spoilers tout du long. Il faut attendre une bonne heure largement dépassée pour commencer à vraiment accrocher au récit jusque là sans surprises et somme toute très...

le 21 janv. 2014

Du même critique

La Nuit du chasseur

La Nuit du chasseur

10

Maggou

52 critiques

Un long poème fantastique

Pour moi, ce film n'est nullement un thriller, ou un drame, mais un conte fantastique raconté à hauteur d'enfants. Manichéen, il joue totalement sur les contrastes : le noir profond et le blanc...

le 11 nov. 2011

Alexandre Nevski

Alexandre Nevski

9

Maggou

52 critiques

Le film qui m'a fait découvrir la magie du cinéma...

Oui, c'est un film de propagande tourné en 1938 sur commande de Staline au moment où l'Allemagne nazie se faisait menaçante... Mais réduire le film à ce contexte serait une erreur monumentale. C'est,...

le 4 déc. 2011

Rio Bravo

Rio Bravo

10

Maggou

52 critiques

L'archétype du film de Howard Hawks

L'archétype du film de Howard Hawks : étude des relations entre des personnes bien différentes. En général, on trouve : le héros, entre deux âges, la femme, d'un fort tempérament, un vieux, plutôt...

le 10 nov. 2011