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300 critiques
La route est longue
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le 3 mars 2011
Attention : présence de spoils dans cette critique
Une double découverte : le cinéaste (australien) John Hillcoat et ce film, "la Route" sorti en 2009.
Un film de SF post-apocalyptique. Avec une nuance, c'est qu'on peut, d'entrée, féliciter le scénariste (et peut-être aussi le romancier dont je ne vais pas parler, n'ayant pas lu le roman) car l'action se passe en 2929. Ce qui laisse à la fois de l'espoir pour l'immédiat et une probable absence de risques pour le futur (Que sera le cinéma en 2929, ma brave dame ?). Parce que d'habitude, les auteurs de SF manquent un peu de prudence. Je citerais par exemple "1984" et "2001" sans oublier les films de Carpenter NY 1997 et LA 2013 …
Sur ces fortes paroles, "la Route" présente un certain nombre de personnages et de situations qui ne manquent pas d'intérêt.
D'abord, le sujet que je présenterais de la façon suivante (sans trop spoiler) : l'action se déroule dix ans après une catastrophe très destructrice où l'humanité a été fortement décimée et où il ne subsiste pas de végétation ni d'animaux donc peu de moyens de subsistance. Les rares survivants sont devenus soit des sauvages cannibales soit des fuyards. En l'occurrence, un père et son fils d'une dizaine d'années fuient vers le sud ou vers l'océan, vers un hypothétique "mieux". La mère qu'on voit à travers des flash-backs, elle, a préféré se suicider après la naissance du petit, ne pouvant supporter l'idée de vivre dans cette société déstructurée.
L'intérêt de ce road-movie, où on voit longuement ce père (Viggo Mortensen) et son fils fuir en poussant un caddie ou une charrette avec leurs maigres affaires, se trouve dans les rencontres qu'ils font, dans l'approche différente du père et de son fils vis-à-vis des autres.
Alors que le père a constamment peur et refuse tout contact, le fils sait naturellement faire la part des choses et marque de l'empathie pour autrui.
La première rencontre concerne un vieillard affamé, presqu'aveugle Élie (interprété par Robert Duvall), en fuite lui aussi. Dans la Bible, Élie est ce prophète dont les juifs réservent, lors de certaines fêtes, une assiette dans l'espoir d'une éventuelle venue. Là, dans le film, le fils insiste auprès de son père et obtient qu'on invite ce vieillard au repas … Dans cette scène, je n'ai qu'un regret, c'est que j'aurais aimé qu'elle soit un peu plus développée ou étoffée, car Robert Duvall incarne souvent un personnage positif. Avec le nom du personnage, il y avait de quoi faire quelque chose d'intéressant dans la métaphore (sans pour autant verser dans le prêchi – prêcha qui aurait été déplacé ici) …
La deuxième rencontre concerne un autre fuyard (Michael K. Williams) qui vole les affaires du père et du fils. Le fils encore une fois luttera contre le père qui humilie ce pauvre bougre.
La troisième rencontre va conclure le film sur une note peut-être positive mais je n'en dirai pas plus …
Finalement, on est dans une fin d'un monde où les gens se partagent entre bons et méchants. Il n'y a pas lieu de parler des méchants puisqu'ils sont méchants. Et parmi les bons, il y a ceux (comme le père) qui ne sortent pas de leur passé et rêvent à la vie d'avant. Et il y a ceux (comme le fils) qui n'ont en définitive jamais connu autre chose, et qui ont une volonté d'aller de l'avant.
Le suicide de la mère m'a posé problème pendant une grande partie du film. Je n'étais d'ailleurs pas loin de penser à une erreur scénaristique. Ce n'est qu'à la fin, que j'ai compris, qu'au contraire, c'était une bonne idée, aidant, justement, à trier la population des "bons", entre ceux qui restent dans le passé et ceux qui veulent avancer et construire.
Film, un peu déprimant, certes, mais qui me parait plutôt riche. Film qu'il me faudra revoir. Roman qu'il me faudra peut-être trouver et lire pour me donner un peu de profondeur et de recul …
Ah, et puis dernier point, je n'ai pas de commentaire à faire sur le titre choisi par les distributeurs français qui correspond plutôt bien au titre original ...
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Créée
le 11 août 2024
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