Sorti en 1960, La Source est déjà le 21ème du prolifique réalisateur suédois. Il le réalise seulement quelques années après ses chefs d'œuvre Le Septième Sceau et Les Fraises Sauvages.
On retrouve d'ailleurs ici Max von Sydow dans le rôle de Töre, noble et père de famille, sorte de gentleman farmer de l'époque où la Suède s'est séparée du paganisme pour embrasser le christianisme. Sa fille, la jeune et naïve Karin (Birgitta Pettersson) sera envoyée porter des cierges à l'église. Sur le chemin, elle rencontrera trois brigands à qui elle proposera à manger et qui la violeront en échange, avant de tuer l'innocente. Non contents, ils iront trouver refuge chez les parents même de Karin, partageront leur souper et dormiront sous leur toit avant de commettre l'erreur d'essayer de leur vendre les vêtements de la morte...
La Source est une revisitation de l'histoire du Petit Chaperon Rouge. Comme elle, Karin est empreinte de candeur et de gentillesse. Elle est envoyée dans une mission qui, ici causera sa perte, alors que dans le petit chaperon rouge elle échappera au loup. Nous avons donc ici une version pessimiste, sinon réaliste. Le loup est représenté par les trois brigands déguisés en bergers. Ils lui disent d'ailleurs les mots qui sont normalement ceux du petit chaperon rouge envers le loup. Ici, cela est inversé. L'un des brigands lui dit : comme tu as un cou gracile, etc. La servante enceinte Frida (Gudrun Brost), assistera au viol (qu'elle a évoqué et même souhaité juste avant) et au meurtre sans réagir. Ce sera elle, tout de même qui racontera tout au père qui se demandera : comment Dieu peut-il permettre cela ?