Je n'aime pas tous les films de Federico Fellini, mais certains me touchent plus que d'autres, et en revoyant récemment La Strada, je m'aperçois que c'est celui qui me parle le plus. C'est avant tout un film bouleversant qui permit à Fellini d'être connu internationalement, un peu grâce à la présence d'Anthony Quinn, mais aussi par son traitement qui se rattache au néoréalisme italien parce qu'il montre des humbles et des marginaux, et par son sujet social, tout en se démarquant légèrement. Le film décrit une individualité forte, un monde exubérant, un univers baroque, il va vers une fatalité inexorable tout en évitant le misérabilisme.
Fellini pousse très loin l'opposition de ses deux personnages principaux, l'un est Zampano, un forain brutal et rustre, qui cache ses sentiments, et qui rudoie Gelsomina, pauvre fille vendue par sa mère pour pouvoir manger ; Anthony Quinn livre un jeu puissant et rude comme il en montrera encore à Hollywood ou ailleurs (je pense notamment à Zorba le Grec). Sa partenaire Gelsomina incarnée par Giuletta Massina, épouse et muse de Fellini, est une sorte de clown triste, le film est submergé par l'expression poétique, et son apport est capital car elle apporte une dose d'émotion très forte, son regard mélancolique et les expressions de son visage lui donnent un aspect lunaire, mais d'un autre côté, sa faiblesse et son côté pleurnichard m' ont par moments agacé.
Au sein de ce duo atypique, surgit "il matto", le funambule fou incarné aussi par un excellent Richard Basehart, qui dérègle encore plus les rapports entre Zampano et Gelsomina, et dont l'expression poétique prend tout son sens. Je regrette néanmoins une fin un peu soudaine et trop abrupte, mais dans l'ensemble, le film qui a été considéré comme un chef d'oeuvre, est souvent bouleversant, peut-être trop même, c'est une belle histoire humaine et touchante.

Créée

le 16 févr. 2019

Critique lue 1.2K fois

La strada

La strada

10

Grimault_

le 19 avr. 2019

Suivre

« Même riches, ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un cœur pour deux. »

Federico Fellini est un grand passionné de cirque, et, d’une certaine manière, tous ses films mettent en scène des ersatz de clowns, freaks et autres marginaux profondément solitaires, grimés d’un...

La strada

La strada

7

Sergent_Pepper

le 4 sept. 2017

Suivre

D’une plage à l’autre

La plage est un lieu fondamental chez Fellini : elle apparait dans la quasi-totalité de ses films (comment oublier la dernière séquence de La Dolce Vita ?), et allie toujours ses deux dimensions...

La strada

La strada

8

Docteur_Jivago

le 1 mai 2017

Suivre

La kid

C'est avec La Strada que Federico Fellini connaîtra son premier succès international, oeuvre dans laquelle il met en scène le parcours d'une jeune fille vendue par sa famille très pauvre à un lutteur...

Il était une fois dans l'Ouest

Il était une fois dans l'Ouest

10

Ugly

le 6 avr. 2018

Suivre

Le western opéra

Les premiers westerns de Sergio Leone furent accueillis avec dédain par la critique, qualifiés de "spaghetti" par les Américains, et le pire c'est qu'ils se révélèrent des triomphes commerciaux...

Le Bon, la Brute et le Truand

Le Bon, la Brute et le Truand

10

Ugly

le 10 juin 2016

Suivre

"Quand on tire, on raconte pas sa vie"

Grand fan de westerns, j'aime autant le western US et le western spaghetti de Sergio Leone surtout, et celui-ci me tient particulièrement à coeur. Dernier opus de la trilogie des "dollars", c'est...

Gladiator

Gladiator

9

Ugly

le 5 déc. 2016

Suivre

"Mon nom est gladiateur"

On croyait le péplum enterré et désuet, voici l'éblouissante preuve du contraire avec un Ridley Scott inspiré qui renouvelle un genre ayant eu de beaux jours à Hollywood dans le passé. Il utilise les...