La Tombe
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La Tombe

Film de Bruno Mattei (2006)

Entre les années 1960 et 2000, l’Italien Bruno Mattei aura été une figure majeure du cinéma bis, couvrant toutes ses facettes, souvent canailles, malgré des budgets bien mineurs. Bruno Mattei se sera essayé aussi bien aux films de femmes en prison, de zombies, de Nazisploitation, de cannibales et autres joyeusetés accrochés à son tableau de chasse de la série B, voire Z.


Souvent caché derrière un pseudonyme, celui qui s’est fait appeler Pierre Le Blanc, Vincent Dawn, Gilbert Roussel et d’autres encore, a utilisé celui de David Hunt pour La Tombe, petite production vaguement maya, vaguement horrifique, sortie en 2004 directement en vidéo. Soyons francs, ce n’est pas une production qui se regarde pour ses qualités, mais bien avec le regard amusé du spectateur devant un film qui en fait des caisses, qui cherche à bien faire mais le fait mal.


The Tomb s’apprécie donc pour ses défauts, comme tout bon nanar.


Il faut lui reconnaître qu’en allant chercher sa menace horrifique parmi la civilisation maya, le film de signor Mattei propose un cadre un peu différent, vaguement exotique. Les clichés perdurent bien sûr, il y sera question d’un grand prêtre méchant, de momies, d’une grande prêtresse maléfique, de sacrifices ou de pièces mortels dans un temple de studio construit pour l’occasion, avec tout de même quelques extérieurs tropicaux d’Amérique latine.


Les héros bien malgré eux de cette malédiction ancienne seront un groupe d’étudiants archéologues arrivés au Mexique pour étudier la culture maya. Leur professeur semble à peine plus vieux qu’eux, les étudiants semblent bien trop âgés, mais qu’importe, ils ont tous une bonne bouille, à défaut de savoir jouer.


En effet, chaque prise semble avoir été tournée en une seule fois, sans répétitions, et cela se sent. Les comédiens ne semblent pas dirigés, interagissent entre eux avec une certaine mollesse, quand ils ne se lancent pas dans des exagérations complètement ridicules. Il n’y a pas de prise juste, personne ne viendra chercher le meilleur de son personnage.


Le doublage français est d’ailleurs une belle catastrophe, aux intonations plates, au nombre de doubleurs limités. Les comédiens français impliqués semblent lire le texte, rien de plus. C’en est parfois délicieusement ridicule, quand le doubleur prononce ses répliques avec une mollesse folle, alors que le film prétend alors proposer une scène trépidante.


Bruno Mattei était-il vraiment concerné par ce film ? C’est parfois difficile à croire, avec une mise en scène bien souvent paresseuse, notamment lors des dialogues. Pour accentuer ce que dit chacun, il propose d’innombrables et inutiles gros plans, alors que le texte n’a rien d’intéressant, que les comédiens sont définis sur un post-it. S’il cherche à établir un esprit de groupe, c’est raté, car, comme de bien entendu, les personnages n’ont rien à offrir, si ce n’est quelques décisions stupides.


Ce n’est peut-être pas très gentil, mais à bien des égards, le film m’a fait penser à un film horrifique qui aurait été commandé par le groupe AB Production pour ses chaînes. Avec la même lumière neutre, les mêmes comédiens peu impliqués, la même manière de réaliser, des emphases exagérées sur des dialogues creux ou des rebondissements parfois peu honnêtes. Le montage est lui aussi cliché au possible, il est haché, et adore s’arrêter sur ce qu’il pense être des cliffhangers, pour mieux proposer brutalement une scène calme.


On se moque, on se moque, mais il faut reconnaître au film une certaine générosité dans sa bisserie, même si là encore elle est un peu maladroite. Son temple maya est de toc, c’est évident, mais sa reconstitution est assez vaste. Ses figurants momifiés ou maquillés assurent le spectacle. La production semble avoir du budget pour les machines à fumées, qu’elle utilise à fond les ballons. Et il y a quelques scènes un peu choc qui valent le coup d’oeil, même si d’autres se regarderont avec le sourire complice du spectateur qui aime les maladresses. Certaines font leur petit effet, même si d’autres semblent avoir été piquées à d’autres films.


Le film date de 2004, et il ne propose aucun effets spéciaux numériques, préférant le travail à l’ancienne, la supercherie artisanale sans ordinateur. Rien que pour ça, il mérite une certaine sympathie. Même si on sent bien à travers tout le film qu’il n’est pas vraiment fignolé avec amour. On peut entendre un ventilateur (ou un hélicoptère ?) en pleine excursion dans la forêt. L’équipe technique se reflète dans les lunettes d’un des personnages. Et ce générique composé en WordArt, qui ressemble à un alphabet en gouda fondu, brrr, il est difficile de s’en remettre.


La Tombe est donc généreuse dans son bis, dans ses effets spéciaux ou ses décors, bien que fauchés, même si tout le reste ne semble pas vouloir être exploité, se contentant de prises rapides et mal dirigées. C’est ce qui fait un bon nanar, qu’on regarde moqueur et amusé, mais avec sympathie, surtout avec ce doublage français catastrophique. Il est tout de même bien trop long pour son bien, avec ses 1h39 pour beaucoup trop de creux.

SimplySmackkk
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le 17 juil. 2024

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