Film de Robert Wise, réalisateur à l'immense carrière jonchée de chef-d'oeuvre, La ville captive (1952) arrive à la suite du triomphe que fut Le jour où la terre s'arrêta (1951). Wise avait déjà acquis une certaine réputation auprès des studios, mais souhaitait alors revenir à un projet plus modeste.


Film noir tentaculaire et tiré d'une histoire vraie, le film s'ouvre sur un couple paniqué qui va trouver refuge dans un commissariat. Ceux-ci vont alors expliquer à l'agent en poste comment ils ont découvert que leur ville était aux mains de la mafia. Le film se déroulera alors entièrement en flashback par la suite (schéma que semble reprendre à son compte, le chef d'oeuvre qu'est Invasion of the Body Snatchers de Don Siegel en 1956).


Le film aborde le thème de la corruption généralisée, et comment la plupart des citoyens de la petite ville en question vont s'en accommoder. Certains y verront un moyen de servir leurs propres intérêts, tandis que d'autres vont refuser d'ouvrir les yeux, par lâcheté, ne souhaitant pas s'attirer d'ennuis et ne voulant pas prendre le risque de ternir l'image de la ville. Cette dernière, à l'apparence tranquille, va s'avérer être en proie à des forces "obscures" et "invisibles". Le personnage principal, journaliste de métier, va alors incarner une stature morale et incorruptible.



S'il souffre peut-être d'un propos un peu trop appuyé et optimiste, voir naïf sur sa fin, le film demeure très intéressant et prennant dans sa façon de montrer l'envers du décor de cette petite bourgade américaine et dialogue avec La Brigade du Suicide (1947), d'Anthony Mann, par son côté très documenté.


The Captive City est à voir en Blu Ray chez Rimini Éditions et bien qu'il soit aujourd'hui un peu oublié et rarement cité parmi les grands films de Robert Wise, il n'en figure pas moins en bonne place dans la filmographie de celui-ci grâce à une efficacité redoutable faisant de lui une excellente série B sur fond de corruption et de journalisme.

Christophe-Parking
7

Créée

le 30 oct. 2023

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