L'angle du film nous est compréhensible à la première image, lointain, carré et ironique.
Et si le bon goût de maintenir cette ironie sans la sacrifier aux besoins de la dramaturgie, de pas travestir l'horreur de la machine en marche en fait un film qui n'est pas mauvais; alors il se heurte au bon goût qui serait de faire bouger le film en dehors de ce qu'on a saisi dès le départ.
Parce qu'on ne sort pas de ce point de vue extérieur, absurde, de tout le film. Mais si la chose fonctionne au début, elle s'estompe. L'émotion sort du changement, exemple, la musique, ce comment on appelle l'émotion de quand on joue avec le son, sort de la différence entre au moins deux notes, que ce soit le rythme, ou la mélodie.
Le film est souvent un accord appuyé longtemps sans comparaison.
La shoah serait-elle incomparable?
Il y a pourtant certain moments de stylisation un peu étranges, comme ce fondu au rouge sur une fleur (bass boosted, qui plus), ou la caméra FLIR.
Si a quelques moments on ressent un peu la possibilité d'un enfer qui se cacherait derrière les murs, je trouve que ça ne marche pas très bien.
C'est certainement un film qui marche au concept, au scénario: "regarde, comme c'est un massacre qu'on peut pas imaginer, alors j'essaierai de l'évoquer indirectement, ça sonnera bien absurde et c'est un angle pas beaucoup utilisé!"
Tout le monde adoube alors la fabrication du film.
Mais moi je n'ai pas beaucoup ressenti tout ça.
Je met quand même mon 7/10, pas pour le devour de mémoire mais j'ai parfois aimé la forme du film, qui ose.