Je tiens à préciser dès le début que La Zone d’intérêt n’est pas un film qui correspond à mes goûts. Je n’aime pas particulièrement les films très lents, et le sujet de ce film ne m’attirait pas plus que ça à la base. Si je l’ai regardé, c’était par pure curiosité, en raison de son succès critique. Mon avis est donc très personnel, et je peux comprendre que certains trouveront ma critique peu pertinente, car je juge un film qui, dès le départ, ne m’intéressait pas vraiment.
Dès les premières minutes, le ton est donné avec une scène d’introduction interminable : environ 5 à 6 minutes d’écran noir avec seulement de la musique et des bruits en fond. Ce procédé, qui semble avoir une intention artistique forte, m’a plutôt donné l’impression qu’il ne se passait tout simplement rien. Malheureusement, ce sentiment ne m’a pas quitté tout au long du film.
Visuellement, la mise en scène est très statique. La caméra est presque toujours fixe, et les rares mouvements se limitent à des travellings qui suivent les personnages en train de marcher. Cela renforce l’impression de détachement et de routine, mais personnellement, cela m’a surtout donné un profond ennui.
L’histoire suit le quotidien d’un officier nazi, de sa femme et de ses enfants, vivant aux abords d’un camp de concentration. Leur vie est filmée avec une banalité déconcertante, ce qui donne un certain froid dans le dos. L’intention du réalisateur est sans doute de montrer à quel point ces personnes étaient détachées de l’horreur qui se déroulait à quelques mètres d’eux. C’est un parti pris intéressant, mais qui, pour moi, a rendu le film encore plus difficile à suivre, car il ne s’y passe presque rien d’accrocheur.
Seuls quelques éléments parviennent à rappeler la tragédie de cette période : des plans glaçants en fin de film montrant des montagnes de chaussures appartenant aux victimes des camps, ou encore les bruits de fond – tirs, cris – qui résonnent comme un rappel constant de l’horreur invisible à l’écran. Ce sont ces détails qui, selon moi, sont les seuls vrais points forts du film.
En fin de compte, La Zone d’intérêt est un film qui, objectivement, est bien pensé et réalisé avec une intention artistique forte. Mais subjectivement, je n’y ai trouvé aucun plaisir, car son extrême lenteur et sa mise en scène minimaliste ne m’ont jamais captivé. Ce n’est pas un film que je reverrai, et je ne le recommanderai qu’à une toute petite poignée de personnes de mon entourage qui apprécient ce genre de cinéma où l’ennui et la banalité sont érigés en véritable force narrative.