Etre une femme libérée...
Regard insondable dans un décor de porcelaine, ces yeux si profonds troublent autant qu'ils intriguent, à la fois brisée et si forte, l'ange vengeur Geum-ja est en quète de rédemption.
Park Chan-wook est un faiseur d'images fortes de talent, parsemant son film de scènes à la beauté froide et lumineuse; Lady Vengeance prend d'abord des allures de film puzzle, déstructuré et parfois confus, allégorie de l'état d'esprit de son héroïne, Lee Yeong-ae magnifique et habitée, au visage irradiant
La mise en place effectuée, le plan se met petit à petit en oeuvre, il est murement réfléchi; et comme dans ses précédentes oeuvres, Chan-wook continue de tracer son sillon, si la violence visuelle n'a ici que peu de relief c'est parce qu'elle est dépassée par des enjeux et des choix bien plus forts. Dans la seconde partie du film, Geum-ja orchestre sa vengeance mais pas forcément de la façon attendue, la morale est égratignée, les questionnements ne trouvent pas toujours de réponse et les actes qui en découlent se révèlent bien souvent déchirants.
..du blanc vers le blanc...
Sublimement mis en musique et finement raconté, l'expiation de Geum-ja entremèle les sentiments, les émotions avec pour symbole le plus puissant, le blanc. Le chemin vers la renaissance de Geum-ja se fera du blanc synonyme de mort et de deuil (qu'elle souligne de rouge pour marquer son désir de vengeance) vers le blanc d'une nouvelle vie, un blanc de pureté (formidable dernière scène du film)
...pour qu'enfin la neige recouvre mon ame.