Land of Scarecrows par franchoi
De tristes épouvantails qui règnent sans conviction sur une terre morte, un panneau "Défense d'Entrer" pas très convaincant, une tortue engluée dans de la vase noire... plus qu'une plaie dans le paysage, la décharge s'avère d'une toxicité perfide, infligeant d'étranges blessures aux habitants des environs, qui vont de simples démangeaisons aux dérèglement hormonaux. Dans cette campagne abandonnée, quelques bandeaux publicitaires vendent un peu de rêve, faisant l'éloge des mariages avec des filles d'Asie du Sud-Est. Jang Ji-suk, qui se croit homme emprisonné dans le corps d'une femme et dont l'épouse vient de le quitter, finit un jour par céder au besoin de combler sa solitude et s'envole pour les Philippines. Sur place, Rain Lopez, une jeune philippine, aimerait bien rencontrer le prince charmant coréen...
Creux et prétentieux pour certains, poétique et visuel pour d'autres, ce film partage, peut-être à cause de son fragile équilibre, oscillant sans cesse entre espoir et défaitisme, candeur et perversité.
Dans ce monde détraqué, la lucidité de Rain lui coûte un séjour en établissement psychiatrique. Désenchantée, elle se résigne à abandonner son rêve qui va pourtant se concrétiser de façon inattendue. Ne pas résister aux assauts du destin qui s'acharne souvent injustement, souffrir les tours parfois cruels qu'il peut nous jouer sans chercher à comprendre, serait-ce la clé d'un certain bonheur, ou du moins, d'une paix intérieure ? Jang Ji-suk, qui finit par embrasser sa féminité, fera elle aussi une heureuse retrouvaille... un happy end certes hésitant mais néanmoins happy.