Il Boss est le troisième volet de la « trilogie du milieu » réalisée par Fernando di Leo. Trilogie qui appartient au genre poliziottesco aussi appelé néo-polar italien ou polar-spaghettis.
Il boss, après Milan des deux premiers films, nous transporte cette fois-ci en Sicile. Dans ce volet conclusif, tout le monde est pourri aussi bien dans « le milieu » des gangsters que celui des policiers, de la politique et de l’Église. Tous ces milieux sont liés les uns aux autres et cherchent un équilibre précaire des pouvoirs. Mais au sein de ces différents mondes très opaques, il y a celui qui est au dessus de tout et qui tire les ficelles de tous ces pantins qui ignorent qui les manipulent et qui se croient maîtres du jeu…
On est aux antipodes de la représentation romantiques de Coppola. Ici, c’est le grand foutoir, les parrains ne sont pas fiables, tout le monde doit se méfier de tout le monde, aucun code d’honneur, aucune figure attachante, aucun sens moral. Pas une seule figure ne vient relever le niveau, pas même celle de la jeune étudiante, fille de d’Aniello, qui se fait enlever et qui passe du bon temps avec ses ravisseurs !
Une figure domine l’ensemble, celle du jeune Lazetta (Henry Silva), impassible, machiste, tueur sans état d’âme ou presque, un orphelin qui va s’élever dans la famille mafieuse grâce à ses nombreuses trahisons.
Dans ce dernier volet de sa trilogie, de Leo dézingue la représentation du mafieux censé suivre un code d’honneur et des principes. Tout valse ! Il signe un film qui offre une vision sombre de l’Italie sans hésiter à forcer le trait pour mieux faire passer le message et détendre l’atmosphère par son caractère outrancier qui finit par faire sourire !
La trilogie du milieu :
Premier volet : Milano Calibro 9
Deuxième volet : La mala ordina
Troisième volet : Il Boss