Après l'amour plus froid que la mort j'enchaîne avec son deuxième film, et j'avoue avoir préféré. Déjà parce que je trouve la mise-en-scène plus cohérente vis-à-vis de l'intrigue et aussi parce que les thèmes sont plus marquants.
Le film reste à hauteur humaine, en parlant des parias de notre société. Les jeunes désœuvrés, les immigrés, les putes, etc. Non seulement il raconte avec justesse cette vie morne mais en plus il pose un contexte fort quant à la xénophobie dont ce groupe va faire preuve au fur et à mesure. On est face à un groupe qui baigne dans la violence des hommes, le commérage, le sexe, l'argent, et toutes ces frustrations vont finalement converger vers la haine de l'étranger.
C'est bien la mise-en-scène austère, sans fioritures, qui permet de mettre en valeur un discours sur l'hypocrisie des relations humaines. L'aspect théâtral est toujours très présent avec une caméra face aux personnages, eux-mêmes face au décors, comme sur une scène.
Le film est aussi plutôt politique puisque l'argent est au coeur de beaucoup de leurs disputes de couples, brise l'amour, la confiance et finit par être source de paranoïa ambiante (ici représentée contre les communistes), typique de l'éducation libérale de l'époque. Et chaque relation finit gangrenée par un homme, avide de violence et d'argent, qu'il finira par déchaîner sur ce pauvre ami.
Même si le dispositif théâtral et la thématique me lassent sur 1h30, le film est plutôt cohérent et possède, en plus, quelques touches d'humour pince-sans-rire assez bien calées (le mec qui vient, dit bonjour et repart, le nouveau qui a une plus grosse bite, etc.).