Perché entre le whodunit so british et le slasher naissant (un fou évadé d’un asile qui s’en prend aux membres d’une famille réunis dans un manoir), le film échoue là où il aurait dû briller. Fourmillant de références, il avait cependant tout pour réussir. Une pincée d’Agatha Christie, un soupçon de giallo (le trauma de l’enfance et les références animales), une envie de slasher (avec un fou qui se prend pour un chat), des références à l’épouvante gothique, des personnages bien barrés mais affreusement antipathiques, de l’humour noir et même quelques possibilités érotiques (le réalisateur est un habitué du cinéma porno), mais, au final, rien de bien excitant. La faute à un film qui se laisse déborder par ses bavardages (on est en pleine adaptation théâtrale mal digérée) et à une véritable incapacité à créer une véritable tension.


On sort de là déçu voire frustré. L’intrigue n’est pas passionnante et le body count attendu ne va franchement pas loin, d’autant qu’aucune mise à mort n’est filmée. Aussi celui qui s’attend à un peu de sang doit donc passer son tour en même temps que celui qui réclame un minimum d’angoisse. En réalité, le film effleure tous les genres mais n’en exploite aucun et laisse le spectateur sur le bord du chemin. L’amateur des récits à la Agatha Christie ne sera ainsi pas davantage à la noce, l’histoire étant relativement simple et les suspects se présentant de façon aussi subtile que dans un épisode de Scooby-Doo. On appréciera, en revanche, une interprétation globalement réussie, notamment des femmes qui sont plus convaincantes que des hommes un peu caricaturaux.


Dommage que le sujet ne soit pas transcendé par une réalisation plus originale. Semblant tenir à bien cocher toutes les cases du cinéma classique, Radley Metzger en oublie toute fantaisie et, surtout, de jouer avec quelques lignes blanches. Son couple de lesbiennes n’a ainsi rien à défendre, son assassin est à la fois chaste et peu cruel (pourquoi se contenter d’assommer celui qui est en passe de le démasquer au lieu de s’en débarrasser ?), ses personnages toujours sur leurs planches de théâtre. Dommage, dommage.


4,5

Créée

le 24 mars 2026

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