Je ne connais rien de la Biélorussie, sinon qu’on l’appelle la dernière dictature d’Europe. Mais il n’y a pas besoin de connaître le pays pour comprendre l’histoire : une jeune femme veut quitter une société patriarcale, conservatrice, bornée, elle rêve d’Amérique. Non pas l’Amérique empirique, mais un pays où elle pourrait être libre, s’adonner à sa passion, avoir un peu d’argent.
On la suit dans sa tentative pour obtenir un visa. Une erreur l’amène à débarquer dans un village, Khrustal, dans une famille sur le point de célébrer un mariage. Le contraste est à la fois moral, idéologique et esthétique. Son look détone aussi bien à Minsk qu’à Khrustal, et ses rêves sont incompréhensibles pour les personnes qu’elle rencontre. Il n’y a pas (ou plus) de solidarité entre les habitant.es. Tout le monde est obsédé par la récolte d’un petit profit personnel, la faim guette, on n’a rien sans rien. Mais surtout, c’est une société patriarcale, violente, où une femme libre ne pourrait jamais se sentir bienvenue, ou ne serait-ce qu’en sécurité.
Je crois que n’importe qui ayant passé du temps dans un pays sans imagination peut comprendre la colère d’Evelina. Le film est à la fois mélancolique, et acharné. C’est l’humeur de tous.tes celleux qui doivent s’arracher à leur milieu pour respirer.