Le Danube Rouge (1949) a un peu vieilli, mais attire l'attention sur un fait relativement peu connu de la fin de la deuxième guerre mondiale, lors du partage de l'Allemagne par les troupes alliées. Soit la façon dont l'Union Soviétique a forcé les Occidentaux à lui livrer ses ressortissants dont certains avaient fui la Russie soviétique sans aucune envie d'y retourner, sachant le sort qui leur était réservé : celui d'un inexorable déportation. Staline a toujours considéré que les Russes qui avaient été prisonniers de guerre ou qui se trouvaient en dehors de la Russie avant l'entrée de celle-ci dans l'Allemagne défaite, devaient être envoyés au Goulag parce qu'ils étaient devenus des agents de l'étranger.
Le scénario du film est centré sur le drame d'une ballerine russe obligée de rentrer en Russie alors qu'elle ne le veut pas, mais que le commandement anglais doit livrer à l'armée rouge au nom d'accords sur les ressortissants des différents pays constituant les alliés.
La romance de la ballerine en question (Janet Leigh) avec un officier anglais qui cherche à la protéger est un peu lourde, mais l'intervention parallèle de la mère supérieure d'un couvent (Drew Barrymore) pour lui venir en aide au nom de ce que l'on doit à son prochain, est la bonne surprise d'un film qui, sans son personnage, aurait été un peu trop didactique et manichéen : jusqu'à quand et jusqu'où faut-il obéir aux règles et aux accords ?
Le Danube rouge n'en reste pas moins un divertissement de qualité, bien joué et bien mis en scène, avec ce qu'il faut d'humour pour alléger une histoire terrible.