Film à la narration classique s’il en est, Le Dernier Roi d’Ecosse possède tout de même une faille de taille : celle de mêler la fiction à un fond totalement réel. En effet, si la retranscription de la tyrannie d’Idi Amin Dada est tout à fait intéressante, l’incursion du personnage de McAvoy en jeune médecin ouvre la porte à quelques incohérences. Sans spoiler, je dirai juste que certaines de ses actions relèvent tellement de celles d’un personnage de film pour le bien de l’intrigue, qu’elles viennent casser le canevas solide de l’Histoire.
Là où Tarantino par exemple (pour une fois que je le cite, profitons-en) a pu jouer de cela dans son Inglorious Bastards par la voie royale de la « comédie/parodie », Macdonald se perd un peu en voulant jouer la carte du réalisme.
Cependant, cela ne nuit pas totalement à l’appréciation du film qui reste très intéressant, assez touchant et fort bien joué. Je passe sur Whitaker qui, lorsqu’il ne fait pas de mauvais choix de films, écope de rôles à sa mesure comme celui-ci. J’ai pour ma part vraiment apprécié McAvoy que j’avais trouvé pourtant fadasse dans X-Men ou Wanted et qui, je n’en démordrai pas, aurait pu faire un très bon Thorgal s’il n’avait pas mesuré 1m70 (comprenne qui pourra).
Le Dernier Roi d’Ecosse ne brille donc pas par une originalité de traitement mais parvient à dresser un portrait glaçant d’un des personnages les plus sanguinaires de notre ère contemporaine à travers le prisme de son intimité et d’une relation fictive avec un jeune médecin aux idéaux brisés.
A voir quand même en dehors des heures de repas.