De temps à autre, mais très rarement, James Ivory décide de réaliser des films se déroulant durant l'époque contemporaine, enfin plus précisément actuelle, du moins celle du début des années 2000 concernant ce film mais vous avez saisis l'idée. Et pour le coup, eh bien cette fois ça ne fonctionne pas !
Le duo iconique Ismail Merchant/James Ivory nous habitue normalement à des adaptations de romans, en costumes, se centrant sur la vieille bourgeoisie anglaise. Certains apprécient, d'autres non ; je dois personnellement bien avouer que j'apprécie beaucoup, ce sont en général de très beaux films aux personnages passionnants. Et ici, rien de tout ça ! Ce dont on peut se douter dès l'affiche d'ailleurs, nous vendant de la comédie américaine bien oubliable du début des années 2000, ou bien même encore le titre qui ne vend pas franchement du rêve. Mais c'est pourtant bien du Ivory que nous retrouvons sous cette couche de publicité mensongère !
En effet, comme souvent chez le réalisateur, nous avons une multitude de personnages aux parcours tous différents, des sous-intrigues de partout, des intrications entre les personnages et les situations et puis cet éternel mélange de culture et cette mise en avant d'une certaine bourgeoisie.
Alors oui, c'est toujours aussi riche mais c'est surtout cette fois très fouillis. Du moins, c'est ce que donne l'impression globale du film, ça part dans tous les sens et l'histoire donne ainsi cette désagréable impression de désordre, ce qui gêne énormément la compréhension du film et entache surtout le rythme. On s'ennuie en effet énormément dans cette histoire de sœurs américaines à Paris car le film ne raconte finalement pas grand-couche, toutes ces intrications servant plus en réalité de cache-misère qu'autre chose.
Et puis alors, qu'est-ce que c'est cliché ! Là, on a un Paris fantasmé, un Paris de carte postale : l'amour, la cigarette, les artistes et les cafés. Si on ajoute à cela des personnages creux aux dialogues qui le sont tout autant, le film n'a plus grand-chose à offrir.
Heureusement, reste une mise en scène toujours aussi soignée et puis un casting très riche, autant du côté américain que français (d'ailleurs assez marrant de voir Thierry Lhermitte et Glenn Close dans un même plan).
Bref, "Le Divorce" n'a donc clairement pas volé sa mauvaise réputation et fait indéniablement partie des films les plus faibles de son réalisateur.