Bonjour tout le monde,
A propos du film :
" Le dossier Maldoror".
Avez - vous entendu parler des chants de Maldoror ?
Le motif du roman de Lautréamont surgit dès le commencement: "il cherche à décrire l'âme humaine en proie au mécanisme de la bonté, qui découvre les ressorts de la méchanceté. Maldoror est cet homme qui passe de l'inconscience du bien à la conscience du mal. Il commence à vivre lorsqu'il devient mauvais ...." Je suis sur que Fabrice du Welz à penser à cela et voici un lien pour en savoir plus sur les chants de Maldoror :
https://www.babelio.com/livres/Lautreamont-Les-Chants-de-Maldoror-et-autres-textes/929044.
Ici , c' est le "dossier Maldoror" de Fabrice du Welz qui signe un long métrage que la revue Positif apprécie ( voir le numéro de janvier 2025) et que je trouve fort pertinent de mon point de vue.
Les deux premiers tiers du film traitent de la " guerre " des polices ( gendarmerie, police municipale et police judiciaire nationale) en Belgique dans les années 1990 et le sujet principal de ce long métrage brut, nerveux et réaliste, tourne autour de l' affaire Dutroux et du réseau de pédocriminels associés et influents hélas.
Le dernier tiers de cette œuvre cinématographique politique et sociale nous montre les actions du protagoniste principal qui est présenté comme le bouc émissaire des négligences , plus ou moins , téléguidées par un certain milieu bourgeois dans cette région sinistrée par le système économique.
En regardant attentivement,il y a un peu comme plusieurs films dans " Le dossier Maldoror".Primo, on assiste à une relecture de l' affaire Dutroux du point de vue d' un jeune gendarme , Paul Chartier , motivé et doté d' une mémoire photographique, incarné très précisément par Anthony Bajon.
Secondo une " guerre larvée" des polices qui est traitée parallèlement à l' enquête précise de Paul Chartier. Tertio , une étude sociologique croustillante et ironique, au sujet de la " Belgique populaire" par ce cinéaste belge .
Fabrice du Welz nous propose des scènes brillantes et tendues, tel la récupération d' une liste de numéros d' immatriculation, entre suspens et burlesque, tel le sauvetage d' une cassette vidéo au milieu d' une auge de porcs qui est semblable à une séquence malaxée avec de la boue et des ténèbres. tel la première
perquisition chez Dedieu ( équivalent de Dutroux) et singulièrement incarné par un José Garcia, effrayant, brutal et monstrueux.( Voir l' article de Christophe Chabert/ Positif de janvier 2025, page 70).
Signalons que Fabrice du Welz présente " Le dossier Maldoror" comme le premier volet consacrée à son pays ......" Le plat pays qui est le mien ..........." ( Jacques Brel).
Souvent lorsque toute institution, policière ou judiciaire , défaille ...........Alors , tapi dans les sombres corridors mentaux, une forme de loi du Talion surgit ............... Fabrice du Welz n' a jamais été aussi politique que dans " Le dossier Maldoror" !
Le rythme , délibérément simple et au plus près des personnages , intensifie la sinistre dérive face à des gens, pédocriminels mais influents .
Sans fard , ni artifice, Fabrice du Welz livre une œuvre cinématographique dérangeante et sincère .
Qu' en pensez-vous ?
Cordialement.
Gérard Michel