Inspiré librement de l'affaire Dutroux qui avait tant secoué la Belgique dans les années 90, le film se focalise sur le personnage d'un jeune gendarme qui cherche à faire entendre ses intuitions par sa hiérarchie mais qui ne sera pas écouté à cause de la guerre des polices qui faisait rage à l'époque, ce qui conduira aux drames et au véritable scandale d'État que l'on connaît.
Le film est sombre et n'hésite jamais à aller dans le sordide mais l'on est séduit par la puissance cinématographique de l'ensemble. Si l'ensemble est peu trop long, il est sauvé par une mise en scène percutante, qui tient constamment en haleine. L'ambiance glauque est renforcée par un grain d'image particulier et une bande originale très réussie.
Anthony Bajon, révélé grâce à ses seconds rôles dans des films comme La Prière ou Chien de la Casse, trouve ici son premier grand rôle pour lequel il donne tout, voire peut-être un peu trop parfois. Habité de bout en bout, il symbolise la mauvaise conscience de tout un pays qui trente ans après a encore bien du mal à se pardonner et qui tente ici réparation à travers une uchronie, à savoir un récit d'évènements fictifs à partir d'un point de départ historique, à l'instar de Once upon a time in Hollywood ou Inglorious Bastards de Quentin Tarentino. Une version alternative de la réalité qui pourra déranger certains.
En résumé, le film est efficace, mais souffre de vouloir en faire sans doute toujours un peu trop, et au final, l'on peut dire que rien n'arrivera à la cheville et ne sera jamais aussi glaçant et foudroyant pour rendre compte de cette affaire abominable et sordide que l'épisode culte de Faites entrer l'accusé.
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