Impossible de séparer le fond de la forme. Les décors et musiques sont superbes (bien qu’au niveau des paroles des chansons on tourne vite en rond lorsqu’on a épuisé tout le champs lexical du «angel of darkness » dès la trentième minute.
Mais comment apprécier l’esthétique sans pointer du doigt l’évident ? Encore le récit d’un type rongé par ses propres névroses et qui en contrepartie tente de prendre la vie d’une jolie et talentueuse jeune femme. À aucun moment Christine n’est maîtresse de son propre destin, elle oscille entre les deux personnages masculins au bon vouloir de ceux-ci, si ils veulent bien la sauver, si ils veulent bien la laisser partir. Au moins ce film a l’excuse d’être sorti en 2005 (avant l’invention du féminisme), pas comme le terrible Nosferatu de 2024 qui repose finalement sur la même base.
Je suis désolée pour ce qu’il a vécu dans sa vie d’avant, mais au final il n’est même pas si moche que ça (!!). Ce qui le lie finalement aux incels modernes, c’est que personne ne le rejettera autant qu’il se rejettera lui même ; peut-être qu’un bol d’air frais, une tisane, un bon bouquin sous un plaid un dimanche soir pluvieux et des contacts cordiaux avec des femmes auraient pu lui permettre d’aller mieux.