Le Fauve
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Le Fauve

Film de Buzz Kulik (1973)

J’aime bien ce genre de cinoche. Ce cinéma américain des années 1970 avec des gueules comme Burt Reynolds en privé nonchalant qui réveille le film noir qu’un Frank Sinatra avait, par exemple, remis au goût à la fin de la dernière décennie. En 1973, le genre policier, c’est plutôt le polar urbain avec ses flics un peu bordeline qui enquêtent dans une société nocturne interlope et qui croisent des psychopathes ou des petites frappes qui ne prennent leur pied qu’en commettant des crimes gratuits. Reflet d’une société malade, le polar s’éloigne logiquement du privé et de ses embrouilles avec des gens influents qui le font tourner en bourrique, même si les criminels en costume trois pièces restent des protagonistes intéressants, d’autant quand ils érigent la corruption en art. Ce n’est pas le cas ici. On a plutôt l’impression de revenir dans une intrigue à la Chandler où le client du privé est, en réalité, l’ordure qu’on recherche.


Buzz Kulik met donc en scène un privé au temps de l’inspecteur Harry Callahan. Pas simple comme exercice mais l’entreprise tient la route, en tout cas dans sa façon de traiter son sujet. Enquête semée d’embûches, informateurs originaux, tabassage en règle (les privés ont ce chic particulier de prendre régulièrement de bonnes roustes quand ils fouillent là où on ne veut pas qu’ils fouillent), une amitié utile avec un policier (avec le toujours sympathique Joe Santos) et, bien entendu, une femme au milieu du jeu. Les ingrédients sont connus, le cahier des charges respecté avec ce qu’on est en droit d’attendre en 1972, à savoir de l’action. L’équilibre est parfois précaire mais le réalisateur emballe un titre qui n’ennuie jamais et qui file d’une péripétie à une autre sans mollir en route. Seul bémol (qui est pourtant une des clefs du film noir), à savoir une histoire alambiquée qui, ici, s’assimile davantage à de la confusion. Certains rouages du récit manquent cruellement de clarté, certains rebondissements servent surtout le rythme mais pas le propos et, surtout, on se demande pourquoi le coupable est suffisamment idiot (ou imbu de lui-même), pour engager un type qui va finir par le confondre. Tout cela est tiré par les cheveux car il ne prend pas une dimension plus importante (on n’est pas, en dépit des clins d’œil, dans Le Grand Sommeil).


Ce n’est évidemment pas le plus important dans ce genre de films. Ce qui compte, c’est l’ambiance, le charisme de ses personnages (Burt Reynolds est évidemment parfait dans le rôle), les scènes de fusillades (mais bon sang que les méchants sont maladroits… !) et les explications à grands coups de poing. Bien entendu, le résultat n’a rien d’éblouissant et le film, d’ailleurs, a quasiment disparu de la circulation. C’est peut-être un peu sévère car c’est une série B sympathique qui devrait plaire aux amateurs de polars seventies pas trop exigeant dans un style très télévisuel, la carrière de Buzz Kulik étant principalement consacrée au petit écran.


Créée

le 9 juin 2025

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PIAS

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